Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Sommes-nous tous racistes ?

Sommes-nous tous racistes ?

Dans Psychologie

Nous évoquons actuellement la résurgence du terme racisme, du refus de la différence, du communautarisme et de la violence induite par des minorités terroristes.
Ce comportement focalise à nouveau l’attention sur la notion de racisme.

Mais qu’est ce que vraiment le racisme? Ce concept a-t-il encore sa place dans notre brassage multi culturels? Qui sont les racistes ? Quels notions véhiculent-elles?

Ce sont ces questions légitimes que je vais succinctement aborder pour vous aujourd’hui.

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Historique

Tout d’abord, il est bon de rappeler que les premiers hominidés connus (environ 1,8 millions d’années), sont apparus dans le RIF en Afrique et plus précisément entre le Tchad et l’Ethiopie. Ce n’est qu’ensuite que ces hominidés se sont déplacés en Géorgie, en Asie Centrale et en Asie insulaire.

Pourquoi revenir aussi loin dans le temps? Tout simplement, si l’on extrapole un peu, nous avons tous du sang africain en nous, et de ce fait le racisme ne devrait pas faire partie de notre culture.

Le mot racisme a été inventé en 16éme siècle. Le pape Paul III  vers 1549 exprime que tous les peuples et toutes les races sont égaux et ont une âme, SAUF LES RACES NOIRES

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Affiche publicitaire pour un Zoo humain en France.

Lors de la controverse de Valladoid en 1550, une « dispute » se développe pour savoir si les amérindiens (les Amériques ont été découvertes en 1492 par Christophe Colomb) sont vraiment humains et possèdent une âme. Cette controverse initiée par Las Casas aboutit au fait que les Amérindiens sont des humains. Décision entérinée par le Pape Jules III.

Mais les espagnols avaient besoin de main d’œuvre en esclaves, comme les personnes de peaux noires n’étaient pas considérées comme des « êtres humains », les espagnols procèdent donc au rapatriement massif de ces hommes. De cette discrimination  est né le terme « RACISME ».

Au 18éme siècle, le Code Noir en France  stipule:  « Une personne noire est un bien meuble, elle peut être échangée, vendue, et doit servir le blanc »…

Les différents explorateurs reviennent avec des autochtones. Ils créent avec ces personnes des cabinets de «curiosité »

Tout l'univers - Mesure de la boîte crânienne par des ethnologues.

Tout l’univers – Mesure de la boîte crânienne par des ethnologues.

Au 19émesiècle, ces sujets sont mis dans des cages au jardin d’acclimatation, et l’on crée des spectacles anthropologiques. Ainsi les personnes blanches françaises et européennes viennent visiter les africains, kabyles, indochinois… derrière des grillages. Les individus se précipitent pour les voir, car l’on annonce que « les cannibales » sont dans un zoo et l’on organise plusieurs spectacles par jour autour de ce thème. (Entre 8 et 9 représentations aux Folies Bergères et ils étaient payés pour leurs prestations de  « cannibales »). Le matin des « savants » venaient les visiter.

L’on pique-nique devant ces cages ! En 60 ans d’existence, il y a eu 750 Millions de visiteurs pour  30 000 exhibés !

cages-au-jardin-dacclimatationPour un enfant « petit blanc » qui visite ce zoo, il  croit dure comme fer à la supériorité de la race blanche sur les autres races.

Cette recherche de domination du blanc sur les autres races a duré jusqu’en 1957 (dure encore hélas) puisque Thurstone  a tenté de démontrer par la mesure de la boite crânienne, les différents tests cognitifs et de QI (non adaptés aux cultures non européennes) que le blanc était supérieur  à toutes les autres races.

Ainsi on a fabriqué de toute pièce un autre regard pour montrer la supériorité d’une culture sur une autre.

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Génétique

En génétique sur la base un peu arbitraire, à regroupée les êtres humains « en population » mais pas de races.

La notion de race a complètement disparue de la bouche des biologistes, sinon cela devient incorrect vis-à-vis des différentes populations, si l’on hiérarchise.

Pour les biologistes donc, la notion de race n’existe pas et a été supprimée de leur vocabulaire. Il n’y a que des populations différentes avec des  « performances » qui leurs sont propres. Le fruit de l’évolution humaine se situe donc là où elle s’est ancrée (un tibétain ne peut pas faire ce qu’un polynésien effectue par exemple).

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Nos ancêtres se sont ainsi graduellement adaptés à leurs habitats, au climat… C’est ainsi que nous avons telle ou telle autre possibilité biologique, et chaque  sujet  s’ajuste  sur un plan local, ce qui fait que les populations humaines s’accommodent, donc, selon nos ancêtres, nous n’avons pas les mêmes aïeuls biologiques, donc pas les mêmes connaissances selon là où l’on habite, ce qui est logique.

Bref les asiatiques ne peuvent pas faire ce que les européens ou ce que les africains  font. Ces impacts génétiques différents  agissent dans la vie de tous les jours, ainsi un médicament européen sera contre indiqué pour une population inuit par exemple, car nos physiologies sont divergentes. Nier ces diversités, c’est donner des médicaments inadaptés à certaines personnes ou population

Le racisme, qu’est-ce que c’est au juste ? C’est de vouloir créer une hiérarchie entre les populations et de souhaiter générer selon cette hiérarchie des  valeurs dominantes d’une population sur une autre.

La science ne tient pas compte de élément dit de « valeurs », elle ne cherche pas à catégoriser les choses entre j’aime, je n’aime pas ou entre bien ou moins bien, la science explore le réel et ne fournit pas de prescription sur ce qu’il faut en penser.

Un raciste c’est quelqu’un qui va mettre la notion de valeur sur les différentes génétiques imputables aux populations. Il va en donner des conclusions morales Avoir un bon QI  ou être agressif selon le raciste est une construction sociale et n’a rien à voir avec la science ou la génétique.

La tolérance ce n’est pas nier la différence, c’est pouvoir l’accepter dans sa totalité.

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La haine du raciste

La haine de ce dernier est une vive hostilité qui porte à souhaiter ou à faire du mal à quelqu’un ou bien d’avoir une vive aversion et répugnance pour lui.

La haine est une pulsion reliée à ces forces qui nous gouvernent, elles doivent être transformées par l’appareil psychique pour sortir positivement ( ex.: peinture, écriture…), sinon ces pulsions de haine deviennent pathologiques, ces pathologies sont reconnues comme des défaillances de l’appareil psychique. La haine est une pulsion de défoulement par le jouir de la souffrance de l’autre et la violence engendrée.

Le raciste refuse de reconnaître chez l’autre sa place. Le raciste est gêné par l’autre différent, il se sent harcelé. Il aimerait ressembler à ces autres contraires qui lui semblent être. Celui qui haït, le raciste se sent castré.

La haine de soi, de l’autre en soi serait la condition de la haine de l’autre. Le leader raciste va fédérer ce sentiment, pour que chacun sente en soi ses pulsions primaires de xénophobie.

Ainsi le racisme est une attaque arbitraire, délibérée contre d’autres personnes, sans raisons directes. Pour les sociologues, le racisme est basé sur la théorie de la frustration, c’est à dire un sentiment d’échecs personnel qui mène à la réaction agressive vers autrui.

La haine du raciste est ainsi proportionnelle à une insuffisance d’égo. Il va chercher à masquer cette insuffisance d’égo au travers de groupe, pour rechercher une « identité » nationale. C’est une identification imaginaire à une masse. Le raciste se contraint de tourner sa haine contre des minorités plus faibles qui sont des proies faciles.

Le raciste a peur, est stressé à cause de l’abolition de la différence (mélange des classes, des populations, couches ou groupes) qui pour le raciste est sale. La personne raciste est ainsi emprisonnée dans des états psychiques archaïques avec des identifications imaginaires avec l’autre qu’elle n’accepte pas comme différent.

L’autre doit devenir soi-même ou être exterminé. Ainsi le raciste se trouve du côté de la paranoïa ou du fétichisme. Le raciste à une pulsion destructrice en lui-même et reste du côté de l’agir pulsionnel (la pensée n’existe pas) son but est de détruire l’étranger, de lui voler son âme, son corps.

Le racisme est une affaire de groupe humain, plus que de races, qui a pour objectif l’incarnation d’un type humain idéal supérieur stéréotypé à tous les autres pour vouloir dominer.  Actuellement le raciste se  focalise  sur les personnes  de populations maghrébines, musulmanes, noires alors qu’il y a 50 ans c’était  les polonais, les tziganes, les juifs, les asiatiques qui étaient la cible des racistes.

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La Peur

L’autre différent représente pour le raciste ce qu’il n’aimerait pas devenir, il fait peur. La peur de la personne Arabe, Noire conduit à craindre ce qu’ils représentent, l’autre différent est une menace qu’il faut supprimer.

Le raciste pour l’étranger tient ce discours: « Je te refuse, je m’affirme, j’ai peur de toi, alors je te domine en me référant à ma pseudo supériorité biologique de race, d’intellectualité pour te réduire et te contrôler ».

Le raciste a une peur primitive de la culture différente, ce n’est donc pas une affaire de race, mais une prise de conscience des différences sensibles et intellectuelles.

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Différenciation

Zoos humains-1890- Les Somalis

Zoos humains-1890- Les Somalis

Pour le raciste, le différentialisme c’est majorer l’écart entre les cultures (Blanc/Noir, Homme/femmes) pour proposer sa domination sur l’autre. Par la discrimination, il dévalorise autrui, il se montre supérieur, ces jugements de valeurs servent à rejeter l’autre différent.

L’autre devient l’ennemi, cela se traduit par une violence dans les pensées et les rapports humains.

La petite discrimination commence par le refus de regarder l’autre, de lui serrer la main, de lui adresser la parole, de l’inviter chez soi, voire de monter avec lui dans les transports en commun.

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Sommes-nous racistes ?

 

 

 

Texte écrit par Gérard-Yves CATHELIN pour l’AVIMEJ De Meaux.
25 novembre 2016

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Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

 

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