Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Sensopathie

Sensopathie

Dans Psychologie

La pensée, la notion d’approfondissement  ont-elles  disparues ?
L’immédiateté, les consoles vidéo et autres technologies font elles surgir des hommes en perte de sens ?

Derrière cette apparence de modernité, d’avancées, je pointe dans la réflexion et l’esprit, un certain nombre d’archaïsmes.

Notre société dite moderne, n’est-elle pas en train de dresser des individus rentables dénués de pensées et incapables de se positionner dans l’ici et maintenant?

Pour certains, il n’y a plus cette recherche, ce plaisir de s’émerveiller, d’observer avec plaisir ce monde qui nous environne. L’homme stérilise sa culture au lieu de la nourrir.
Naît de cette stérilisation  un désespoir, un ennui dans l’être désespéré qui ne s’investit plus dans le savoir. Il lui reste alors le  repli sur la « non connaissance » produite par le tube cathodique.

L’âme est alors ternie, contrainte, culpabilisée, manipulée, violentée si la personne n’entre pas dans le moule social, fabriqué et conçue pour elle.
Les jeunes évoluent, se construisent dans une société sans joie et surtout sans la possibilité de s’imaginer vivre et construire un avenir.

Sauf quelques exceptions, la vitalité créatrice ne s’exprime plus, l’investissement dans toutes les formes de créations s’amenuise au profit du dieu argent.

Les idées ne contiennent plus les germes nécessaires pour féconder le peuple des humains. L’homme réfléchit de plus en plus rarement.

Pour que l’homme puisse reprendre en main le terme de la pensée, cela exige de lui qu’il change de vie, qu’il ne soit plus  conduit par tout ce qui est numérique, qu’il quitte sa position d’ « homo ordinateur numérique » pour retrouver le plaisir d’approfondir sa vie au profit de la lecture, de retrouver un désir de vivre loin de cette robotisation voulue et contrôler par certains dirigeants de grandes firmes.

Où sommes nous, que vivons-nous actuellement ?

Nous pensons évoluer dans le libre choix en pleine conscience volontaire dans nos actions. Est-ce le cas ?
Mais nous obéissons à ce que le monde «commercial» attend de nous, nous subissons inexorablement sa loi . Notre langage n’est plus intellectuel, il devient lui aussi commercial. J’aimerai que l’humain puisse retrouver des débats intellectuels, capable de transformer la vision du monde, mais surtout que ces mots, ces phrases soient écoutés, entendus par tous ces dirigeants politiques et commerciaux.

C’est par ces échanges intellectuels que nous pouvons redéfinir ce que le terme homme signifie,  rappeler en profondeur les valeurs éthiques, morales, spirituelles ou religieuses de chacun d’entre nous.

Les jeunes, quel savoir retiennent ils ? Que leurs transmettons nous du plaisir du travail intellectuel, de la compréhension de notre terre ?
Ces jeunes sont-ils encore apte à appréhender cet investissement livresque ?

Rester dans des besoins instinctuels vécus dans l’immédiateté  sans passer la médiation de la réflexion et la mise à distance du tout tout de suite nous éloigne de la position humaine et nous rapproche de l’animal. Son libre arbitre disparaît au  profit d’une idée lénifiante développée, voulue par les publicités commerciales envahissantes, alors l’être n’agit plus librement.

Nous sommes «empoisonnés» par ce monde commercial. Nous ne sommes plus que des fantômes de l’Etre Humain. Nous sommes enchaînés par ces décideurs invisibles et nous leurs obéissons directement ou indirectement.
Nous nous créons ainsi des multiples conflits entre les intellectuels, les commerciaux, les « ignares » qui génèrent inéluctablement des fossés qui déshumanisent nos relations.

Ces conflits sont entretenus pour permettre à certaines personnes de garder le contrôle  sur d’autres.

Le plaisir de la connaissance s’efface au profit de la «  joie » d’avoir, de posséder. L’être se gomme au profit du gain et de l’avoir.

Nous entrons dans un monde de barbarie  ou le cannibalisme s’appelle rentabilité, où celui qui ne possède pas les dernières avancées techniques est considéré comme un « sauvage » non civilisé. L’homme se plie à la volonté cannibalique de la société commerçante, il ne déchiffre plus aucune pensée propre. La dite pensée est distillée par la télévision commerciale cannibalique de l’homme .

Cette dernière théâtralise, offre un caractère sacré, voir divin à sa parole. L’humain se trouve coincé dans l’impossibilité de déchiffrer  la vérité du mensonge.

La société perverse, pervertit ainsi l’être. Lorsqu’une envie apparaît, elle est étouffée pour ne garder que l’envie que la société impose et élimine le désir de l’être au monde

Sommes-nous tenus en laisse ?

L’homme doit répondre systématiquement aux conventions sociales voulues, attendues par la Société qui nous cantonne dans l’artificielle. Nous sommes brassés, manipulées, cantonnés dans un monde où la liberté d’Etre disparaît.

Nous devenons spectateurs  des obsessions des dirigeants qui nous conditionnent dans un processus  pervers. D’ailleurs, l’homme est ignoré dans sa globalité, ce qui compte, c’est combien nous pouvons rapporter aux entreprises.

Nos sens ne sont plus éduqués, ils sont poussés à être prisonniers du désir des décideurs. Nous perdons alors toute révolte envers cette position dominante.

Les mots courage, ténacité, vouloir disparaissent dans le tunnel de l’obscurantisme. Nous ne sommes plus apte à énoncer un jugement cohérent, objectif. Nos goûts, nos impressions deviennent de moins en moins libres, même si avons le sentiment du contraire. Chacune de nos interprétations est soumise, sans même que nous  nous apercevions, au diktat du bonhomme masse suiveuse.

Nous sommes devenus incapable de déceler par nous-mêmes la beauté qui nous entoure. Nous ne confirmons pas et nous ne faisons plus confiance à notre intuition. Nous nous conformons à la pensée globale. Pourquoi ? Je l’ai énoncé plus haut, il y a une perte d’approfondissement des connaissances,  le sens critique disparaît, nous perdons toute sensibilité et nous ne savons plus ce que peut être une vie emplie de connaissance et de raffinement.

Nous exposons nos frustrations, notre inesthétique de la pensée au vu et au sus de l’humain. L’être ne comprend plus le monde, il ne satisfait plus de la beauté environnementale, il ne décrypte plus les données offertes, par trop d’informations ou de sous information. Quoi qu’il en soit  l’être humain se superficialise entrant dans un jugement commun voulu par le bonhomme masse .

La position commune de pensée de cette majorité tellement manipulable caractérise les personnes exclues du monde de la pensée et des idées. Ils sont ainsi sous la domination des « sachant » cultivés, détenteurs des idées et acteurs de la société.

10% de la population contrôle 90% des humains et leurs idées !

Le caractère personnel de chaque être apparaît seulement et parfois difficilement dans la sphère privé.

La classe dirigeante «possédante» ne veut  pas développer la pensée individuelle. Elle souhaite promouvoir son idée afin que l’humain entre en dévotion, afin qu’il chante sa gloire. Elle entend susciter ainsi de l’homme qu’il admire les bienfaits de sa production intellectuelle et culturelle. La propagande alors créée fait ressentir au « bonhomme masse » l’abîme qui les sépare de ce prodigieux savoir intellectuel dont la classe dirigeante « sachant » détient les clefs  du potentiel intellectuel et des idées.

N’y a-t-il pas une mise à mort de la pensée, de l’intellectuel individuel, au profit  d’une idée pseudo-intellectuelle banalisée?

L’humain est hors du monde, hors représentation, car toute idée est pensée par ces dictateurs invisibles. Cette révolution radicale perturbe ceux et celles qui n’ont pas les décodeurs de ce changement ou qui le refusent. Cela engendre en synergie une profonde rupture dans l’inscription sociale.

De cette évidence  produite par les « décideurs » qu’en faisons-nous ?  Quel sens y a-t-il à vivre dans ce monde en pleine mutation et bouleversement? Resterons nous  regardeurs passifs, spectateurs de la vie qui se déroule devant  nous ou acteur décisionnaire ? Si nous retrouvons ce possible créateur d’idées, nous sommes capables de modifier cette perception qui est la nôtre.

Notre part active est mise à mal, elle se trouve brassée dans l’anonymat de la foule non pensante, qui de ce fait est gommée. Finalement ce brassage, détruit la signification, nos valeurs émises.

Ne sommes-nous pas soumis à un nettoyage intellectuel, voulu et orchestré afin que nous suivions tous la même idée, sans révolte, pour ne former que des personnalités sans existences, avec une altération des idées ?

Nous nous illusionnons que nous sommes affranchis des nouvelles technologies, que nous nous sommes adaptés, nous croyons ainsi à chaque clic émis sur « la toile » être les maîtres du monde.
Mais nous perdons la notion du monde naturel, nous passons plus d’heures sur un écran plutôt qu’a évoluer dans des lieux naturels. Il y a ainsi une mise à mal de la perception de la réalité par cet  enfermement que nous imposons. Nous détruisons l’éco système pour toujours plus de matériaux pointus créateurs de « nouvelles technologies ». La pollution par les hydro carbures, les déchets nucléaires sont présents, et nous nous mettons des œillères afin de ne rien voir. Déforestation, destruction des paysages, création de nouvelles infrastructures créent un péril pour notre environnement..

Les humains rivés à leurs ordinateurs et autres smartphones ne s’aperçoivent plus de ces modifications environnementales. L’ordinateur est un luxe de la civilisation occidentale, nous oublions que des millions d’êtres meurent de faim chaque jour dans des contrées et pays démunis.

La technologie asservit, dépossède, conduit à une rupture entre ceux qui la possède et ceux qui en sont démunie. Elle soumet l’être humain à son pouvoir et nous amène dans son aliénation.

Ainsi nous nous isolons. La technologie nous cajole, nous enserre pour mieux nous contrôler. Nous ne communiquons qu’au travers de la virtualité. La cellule familiale elle-même communique au travers des outils technologiques et non plus dans une relation d’humain à humain.

Notre corps et notre cerveau sont connectés à la technologie. La morale, l’éthique, les valeurs du bien et du mal ne sont plus développés par nous-mêmes mais sont prises de vitesse par la fibre optique du virtuel qui nous impose sa vision.

Il y a pulvérisation de toute idée. On nous propose d’être un produit objet conditionné par la société dirigeante. La classe dirigeante, en donnant quitus aux laboratoires de recherches, propose à ces derniers de canaliser l’idéologie afin qu’elle corresponde à ce qu’elle souhaite. Elle installe les chercheurs comme des sorciers et nous devenons des cobayes pour l‘inculture du futur.

Le déclenchement du lavage de cerveau est en route.

Cette production de non être monstrueux se construit progressivement, inexorablement, sans possibilité de l’arrêter !

Serions-nous prêt, tous ensembles, à réfléchir sur cette manipulation planétaire qui impact chacun d’entre nous dans la perception de vivre sa vie ?

Les créateurs technologies artificialisent  la planète, la rapetisse au point qu’il n’ y ait plus de distance entre les humains. Ils  tuent tout le potentiel écologique pour le primat de l’économique.

Nous pensons être libres? Ils réduisent nos libertés avec un rétrécissement de ce qui est essentiel à l’homme : Le plaisir de la pensée.

Les industriels font croître le danger d’un profond bouleversement de l’humanité avec un impossible retour à l’humanité. Nous entrons sans l’identifier et tout en s’aveuglant dans une ère meurtrière.

Sans fondement d’une éthique sociale et humaine nous condamnons irrémédiablement la planète, ses humains et ses continents au profit du Dieu Argent. Les créateurs technologiques vont continuer à créer pour eux et dans leurs discours « des nouvelles avancées» . Nouvelles avancées qui seront créatrices de tsunami humain, écologiques. ATTENTION DANGER.

Où se situe la lueur d’espoir ?  Dans notre responsabilité d’entrer en résistance et de tirer un signal d’alarme à tous ces protagonistes afin que la technique technologique rende plus d’humanité à l’ensemble planétaire et ne soit plus le moteur du vice et d’abus de pouvoir des dirigeants. Ces dirigeants sont dans une quête de plus, toujours plus d’argent virtuel, scriptural, numéraire..

De cette position actuelle, nous commençons à créer des groupuscules, eux aussi avides de pouvoir, qui n’ont d’autres objectifs que d’être les nouveaux tyrans planétaire de ce millénaire avec comme support une régression morale, cela va amener la fin de la convivialité  entre les êtres humains !

Tout transite par le virtuel, le plaisir de lire disparaît au profit de l’écran. Dans certain cas cette profusion d’information implique un abêtissement de l’utilisateur intensif de celui qui est derrière son ordinateur.

L’HOMME ARTIFICIEL est en train de naître et range dans un tiroir l’HOMME HUMAIN.

L’esclavage est train de prendre une autre forme par le biais de l’homme connecté du matin au soir pensant qu’il est libre.
Il est attaché par son écran, sa souris, ses touches tactiles et il oublie de comprendre et d’analyser ce que veut dire le terme penser.
Les nouvelles technologies sont en train d’emporter les âmes : Sommes nous déjà des âmes mortes ?

Gérard-Yves Cathelin 

juin 2016

Définition de la sensopathie

« Sensopathie », terme imaginé par Gérard-Yves Cathelin et dont les critères sont les suivants :

 

  1. Personne ayant perdu tout sens d’inscription dans l’ici et maintenant,
  2. Sujet en effondrement moïque, (effondrement du Moi)
  3. Personne ayant un vide d’être extrême,
  4. Personne ne pouvant plus s’inscrire dans des événements sociaux,
  5. Personne en errance totale, particulièrement influençable et manipulable,
  6. Personnalité ayant un existentiel faible,
  7. Personne vivant dans l’illusion de posséder sa propre vie,
  8. Personne qui souhaite emporter une partie du monde social par des actes criminels, afin de se venger du non apport de la société envers eux,
  9. Personne qui à le désir d’arracher à la société son sens pour l’empêcher d’évoluer,
  10. Personne manipulée a qui l’on peut insérer des pulsions auto ou hétéro destructrices,
  11. Personne en souffrance extrême avec un vide narcissique,
  12. Personne ne possédant pas de pensées approfondies et élaborées,
  13. Personne qui progresse du moi vers le non moi.

Ces 13 critères sont pour moi une définition d’un sujet sensopathe. Gérard-Yves Cathelin

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Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

 

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