Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Boulimie

Boulimie

Dans Addictologie

La boulimie est une toxicomanie sans drogue dans laquelle les patients souffrent de pulsions irrésistibles et impérieuses à manger avec excès. Ils cherchent à éviter la prise de poids en provoquant des vomissements ou en abusant des purgatifs ou les deux. Ils ont une peur morbide de devenir gros

Le terme boulimie est un mot dérivé du grec bous (bœuf) et limos (faim) et signifie « faim de bœuf ». La boulimie est déjà repérée dans l’Antiquité comme « un état pathologique de voracité culminant dans l’ingestion d’une quantité excessive de nourriture ».

La description du « syndrome boulimique » est donné en 1932 par Wulff, il compare la boulimie à une toxicomanie.

En 1945 Fénichel décrit la boulimie comme « une toxicomanie sans drogue ».

En 1979 Russel la décrit- sous le terme boulimia nervosa comme une complication de l’anorexie.
Russel propose les premiers critères diagnostiques de la boulimie : « Les patients souffrent de pulsions irrésistibles et impérieuses à manger avec excès ; ils cherchent à éviter la prise de poids en provoquant des vomissements ou en abusant des purgatifs ou les deux ; ils ont une peur morbide de devenir gros ».

La prévalence se situe entre 1 et 3% des a adultes jeunes. La prédominance féminine est très nette (90% des cas).

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Plusieurs facteurs de risques

Facteurs culturels

Plusieurs études établissent que les troubles du comportement alimentaires sont plus fréquents dans certains milieux professionnels où le corps occupe une place central (danseurs, sportifs de haut niveau, mannequin…)

Facteurs familiaux

L’existence d’antécédents psychiatriques familiaux (en particulier dépressifs et addictifs) augmenterait la probabilité de survenue des conduites boulimiques

Facteurs individuels

Il est fréquent de retrouver certains troubles de la personnalité (sujet état-limite), des traits psychologiques (impulsivité), des troubles psychopathologiques (dépression, conduite de dépendance) ou facteurs métaboliques (diabète, obésité)

Facteurs sociodémographiques et conditions de vie.

Célibat, vie solitaire, statut d’étudiant, classe sociale favorisée, vie citadine.

L’apparition de la boulimie se situe entre 18 et 20 ans.

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Forme typique

La boulimie évolue par des accès sans rapport avec la sensation de faim. Le début de l’accès est brutal, il comporte un caractère impérieux. Son déroulement se fait d’un seul tenant jusqu’à l’apparition de sensation de malaise physique, de douleurs liés au remplissage.

Il s’agit de se gaver jusqu’au trop-plein par une absorption anarchique, hâtive et massive de nourriture, en dehors des repas, sans mâcher ni mastiquer, en général en cachette et loin du regard des autres. Le plus souvent ces crises se font au domicile de la personne.

Les aliments sont le plus souvent hypercalorique et surtout bourratifs (pain, pâtes, pâtisseries, chocolats, beurre…). La valeur moyenne est de 3500 calories par crise, cela pouvant aller jusqu’à 15 000 calories.

L’accès est suivi de vomissements, provoqués mécaniquement dans un premier temps (doigts, instruments variés pour stimuler le réflexe nauséeux, voire par pression abdominale. Ils soulagent le malaise physique de remplissage et amoindrissent la peur de grossir, mais permettent la poursuite de l’accès boulimique.

La fin de l’accès est marqué par un profond malaise physique défini par des sensations désagréables (douleurs abdominales violentes, état de torpeur, voire de dépersonnalisation, honte, dégoût de soi, remords, auto reproches.)

L’usage abusif de laxatifs, de diurétiques ou d’anorexigène concerne un tiers des personnes.

Les sujets souffrant de boulimie accordent une importance majeure à l’image de leurs corps. Il existe une hantise de grossir, le corps fait l’objet de préoccupations excessives avec une perpétuelle insatisfaction..

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La crise de boulimie répond aux caractéristiques suivantes

  • Absorptions en une période de temps limité d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des personnes peuvent absorber.
  • Sentiment de perte de contrôle sur le comportement alimentaire au moment de la crise.
  • Comportements inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que : vomissements provoqués, emploi abusifs de laxatifs, diurétiques, lavements, jeûne, exercice physique excessifs.
  • Les crises de boulimie et les comportements compensatoires surviennent en moyenne au moins 2 fois par semaine pendant 3 mois.
  • L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.

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Comorbidité psychiatrique

La boulimie s’accompagne d’un contexte psychopathologique ou l’on peut relever des éléments dépressifs et anxieux. On peut aussi pointer d’autres troubles du comportement fréquents : alcoolisme, toxicomanie, tentative de suicide…

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Sur un plan clinique l’on peut trouver

  • Des douleurs et troubles digestifs,
  • Aménorrhée, oligoménorrhée,
  • Hypertrophie des parotides et sous-maxillaires,
  • Ulcération bucco pharyngée,
  • Perte de l’émail dentaire, caries,
  • Callosités ou cicatrices sur le dos de la main,
  • Faiblesse musculaire, crampes,
  • Palpitations cardiaques,
  • Bradycardie,
  • Syndrome de Mallory-Weiss,
  • Oesophagie peptique,
  • Syndrome de Boerhaave,
  • Paralysie flasque des jambes, une rhabdomyolyse aiguë,
  • Pneumopathie d’inhalation.

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Hypothèses Etiopathogéniques  

(Etiopathogénie: Étude des causes d’une maladie et des processus par lesquels ces causes agissent.)

Approche cognitivo-comportementale

Le début du processus serait une période de restriction alimentaire qui mettrait le sujet en état de déficit énergétique permanent. Cette restriction serait elle-même due à une contre régulation alimentaire, les sujets boulimiques auraient une réponse comportementale accroître l’ingestion d’aliments hypercaloriques.
Des facteurs cognitifs interviendraient dans cette contre régulation. Il pourrait se mettre en place un cycle répétitif comprenant des séquences cognitives pathogènes d’accès boulimiques.

Approche psychanalytique

L’on peut relever dans le trouble boulimique une dépendance et une vulnérabilité narcissique du sujet.
L’origine de cette vulnérabilité est retrouvée par une défaillance précoce des intériorisations avec, pour conséquence, un défaut des ressources auto érotiques et un échec partiel des identifications primaires.
A l’adolescence, il y a une réactivation des conflits infantiles et une reprise des conflits d’identification. Devant une telle vulnérabilité narcissique, le comportement boulimique apparaît comme un acte « anti pensée » permettant d’éviter la représentation trop brutale du conflit tout en permettant l’expression des désirs destructifs. Ce serait une substitution de sensations aux émotions de la relation parentale conflictuelle.

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Gérard-Yves Cathelin
1 juillet 2016

(Travail effectué à partir du Traité d’Addictologie du professeur Michel RAYNAUD – Editions Flammarion)

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Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

 

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