Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Phénomène d’adolescence

Phénomène d’adolescence

Dans Psychologie

L’adolescence

L’adolescence  est la période qui s’étend entre l’enfance et l’age adulte et qui s’ouvre à la puberté ; La poussée pubertaire bouleverse tout  l’organisme et déclenche un bouleversement psychologique.

L’adolescence c’est la discordance entre une maturité physiologique, intellectuelle et une immaturité émotionnelle.

 

Evolution psychique

L’évolution psychique ne suit pas le rythme du développement physique et sexuel.
L’immaturité  affective, l’infantilisme est encore plus marquée que pendant l’enfance.
Cette dysharmonie entre accélération des processus physiques et ce retard accru sur le plan affectif peuvent créer des déséquilibres chez le jeune

On relève deux moments :

  • Une révolte et une offensive contre le Milieu Familial, l’autorité en générale pour briser les entraves qui le les lient à l’Enfance. Les adolescents cherchent à s’affirmer dans la négation des valeurs et des idées reçues en affichant une non-conformité , une excentricité.
  • Une crise en profondeur qui s’organise, autour d’un temps de réflexion et d’approfondissement. Le Moi se développe, c’est le culte de la Personnalité. De ce culte, en sortira un être conscient de son individualité.

Certains individus resteront toutes leurs vies des adolescents, on les appelle des « adulescents », faute d’avoir pu effectuer ce retour sur eux-mêmes. L’adolescence, c’est l’âge de la bande qu’il faut abandonner et dépasser sous peine de ne jamais avoir d’autonomie.

Le mot adolescent vient du latin « adolescere » qui signifie croître, grandir.

L’adolescence est mouvement. C’est l’âge de l’affirmation, de l’Expression du Moi. L’évolution de l’adolescent est en partie liée avec la société dans laquelle il vit.

C’est  l’action de son environnement qui devient essentielle  en cette période, au moment où le jeune quitte le monde protégé et surveillé de l’enfance pour s’ouvrir  à des activités nouvelles, nouer des contacts les plus divers. Il commence à vivre sa vie.
La façon dont il abordera les problèmes, dépend à la fois de son caractère, de son parcours psychologique, de son éducation, de son milieu culturel, de l’attitude de la société envers lui..

 

La bande

Les groupes d’adolescents constituent une société dans la société, une subculture ayant ses institutions, ses lois, ses, ses modes, ses préjugés, son langage, ses attitudes, ses réactions propres.

La bande adolescente sert de lutte des jeunes pour accéder au monde adulte. L’adolescent est par excellence le moment de la révolte contre le milieu et l’ordre établi. Cette période amène la problématique de devenir adulte, avec tout ce que  cela implique d’accession  à l’autonomie, en même temps que l’incertitude et l’anxiété devant  la nécessité de rompre les liens de dépendance infantile.

L’adolescent est en période de crise et de déséquilibre pour les changements physiologiques et leurs répercussions psychologiques.

Dans les sociétés primitives, ce passage, est pris par la société elle-même. Les rites pubertaires sont destinés à marquer l’accession de l’adolescent au statut adulte. Ces rites de passage sont une reconnaissance de la puberté sociale.

L’aspiration à être considérée comme un adulte, le désir de se prouver et de prouver aux autres qu’on est digne d’être un adulte sont les traits communs des adolescents.

Si la crise adolescente est si forte, c’est que nos sociétés actuelles ne permettent pas à l’adolescent son insertion dans le monde adulte.

L’adolescent est individu qui a partir de la puberté est physiologiquement un adulte, mais que la société contraint dans un rôle  et un statut d’enfant, fixé par des parents, dont il est dépendant.

Ce décalage Maturité Biologique/Maturité Sociale sont des facteurs qui alimentent la crise juvénile et exacerbent  les tensions entre les jeunes qui aspirent à prendre leur part de responsabilité d’adulte et une société qui leur refuse ce droit.

Les problèmes des adolescents sont reliés à la société elle-même, à l’effritement des valeurs traditionnelles aux conditions anxiogènes de notre époque. Actuellement, les jeunes veulent suppléer spontanément à l’absence de ces rituels non instaurés par les adultes, par des mises à l’épreuve qu’ils se créent eux-mêmes.

Ces rites non structurés des bandes contemporaines d’adolescents sont très semblables aux rites pubertaires dans les sociétés primitives, ils constituent une recherche spontanée des moyens psychologiquement efficaces pour aider  le jeune qui approche de la maturité  à quitter le champ critique de l’adolescence.

 

La maturation physiologique, l’éveil des désirs et des sentiments inconnus donnent à l’adolescent l’impression d ‘être une personne nouvelle. Il ne commence plus à ignorer quel est cet être nouveau  qu’il sent en lui.

Le monde adolescent a besoin de répudier le passé en rejetant ses parents, leurs idéaux, leur mode de pensée. Cet abandon momentané ou durable  des anciennes identifications  crée un vide, laisse parfois l’adolescent profondément désemparé. Il va ainsi chercher des nouveaux modèles et des nouvelles identifications.

Cette quête d’identité prélude à la mise en place de sa personnalité.

On se souvient que le nourrisson ne prend conscience de son corps, de lui-même de son corps qu’au travers de la relation avec autrui ( Sa mère pour commencer) Autrui est distinct de lui-même , puis  par le double jeu  imitation, opposition, l’enfant découvre sa propre individualité .

C’est pareillement au travers  autrui que l’adolescent prendra progressivement conscience de ce qu ‘il est. Les difficultés rencontrées  par l’adolescent dans ses relations  sont induites par les difficultés qu’il éprouve avec les autres. C’est bien sous un angle relationnel qu’il éprouve cette communication anxieuse entre l’autre et soi-même, entre identification et identité

 

La famille

L’adolescent commence par brûler ce qu’il a adoré  en se révoltant  contre l’autorité de ses parents. Il prend systématiquement le contre-pied de ce que pense, aime et croit les parents. Tantôt  il les considère  avec violence  contre leurs opinions, tantôt il les considère avec commisération du haut de sa supériorité (cela masque les propres incertitudes de l’adolescent)

L’adolescence est la période où l’on peut avoir honte de ses parents (Mère trop ou pas assez élégante, père qui parle trop fort… )  Certains adolescents souffrent des milieux modestes, du climat social des parents, d’autres auront honte du luxe dans lequel ils vivent.

L’adolescence développe un nouveau conformisme, celui du groupe, mais le sentiment de sa propre valeur dépend de ses parents vis à vis desquels il prétend mettre de la distance.

Avec le sentiment d’affirmer son indépendance, le sentiment d’être incompris est un trait caractéristique de l’adolescent. Ce sentiment d’être renvoie aux difficultés qu’éprouve l’adolescent à se comprendre et à s’aimer lui-même.

Si l’adulte est condescendant face à l’adolescent, il le rejette dans une situation antérieure d’enfant dépendant. C’est la dénégation des efforts de l’adolescent pour s’affirmer comme être autonome.

L’adolescent, se sent et se veut différent du monde adulte. Par rapport à ses pairs, c’est auprès d’eux qu’il puise le sentiment de sa valeur, de sa conscience. Leur contact les fortifie dans sa volonté d’émancipation. C’est l’un des signes les plus apparents de cette volonté de non conformisme.

 

Le corporel

L’adolescent a une nouvelle relation d’être avec son propre corps dans la structuration de sa personnalité. Il éprouve de la fierté de voir son corps changer, de la fierté, mais aussi de l’anxiété, de la honte. Il est dans le registre  ou il a besoin de l’orner, de l’embellir.

Il s’agit de l’embellir non pas tant pour séduire encore que pour satisfaire sa propre vérité. Le goût de se faire marquer  guide la conduite de bien des adolescents.

 

Le langage et l’écriture

La recherche de l’originalité  se marque aussi dans le langage et l’écriture. Les adolescents créent leurs propres expériences qui changent et se renouvellent avec la mode. On retrouve la méfiance et l’hostilité à l’égard de l’adulte.  Il va ainsi signer le courrier de façon très particulière en modifiant les lettres.

Ainsi, il y a  une quête de se fabriquer une personnalité et une identité singulière. Par ailleurs, il peut se créer un langage secret et utilise un jargon incompréhensible.

 

La pensée

Avec la pensée abstraite qui s’épanouit entre 11 et 12 ans l’adolescence trouve sa forme finale d’équilibre. L’adolescent par les pensées devient capable les situations vécues et actuelles, de s’évader du présent et du réel pour embrasser le possible, l’abstrait, le passé, l’avenir.

L’adolescent raisonne sur des propositions, cet instrument qu’est la pensée formelle va permettre d’appréhender son monde sous l’angle de la spéculation, de la philosophie, du politique, du social…

Par l’intelligence, l’adolescent est l’égal de l’adulte. La différence réside dans son défaut  d’expérience.

Il élabore, critique, objecte, dresse des plans de réforme de la société.

C’est sur un pied d’égalité qu’il se place pour discuter avec l’adulte. L’éveil de la pensée abstraite va accentuer, souligner les contradictions et l’ambiguïté de la position de l’adolescence. Sa pensée lui offre la possibilité d’accéder aux idées, idéologies et idéaux de la société qui l’entoure.

C’est la transformation de l’intelligence qui donne à l’adolescent sa structure et sa physionomie. Il réfléchit, s’interroge sur lui-même et les autres. Il échafaude des plans, des théories à transformer cette société dans laquelle il est amené à s’insérer.

Parce qu’ il est capable de penser par l’abstrait, il peut se penser lui-même. La richesse de sa vie intérieure  dépend de sa sensibilité, de l’affectivité, des expériences de chacun. Cette notion de puberté coïncide avec le vécu pubertaire.

La crise pubertaire s’élève aux proportions d’une crise spirituelle. Les adolescents remettent en question les grands problèmes de l’existence (Amour, Religion, Morale, Politique, Mort, Temps)

L’Âme de l’adolescent  s’abîme facilement dans la mélancolie, dans une grisaille sans objet. La méditation ou le Moi se prend  pour objet n’est que l’une des directions ou s’engage de l’adolescent. Il se tourne aussi vers le monde, il construit des théories, quel que soit le domaine où il s’aventure.

Il met en place une réflexion doctrinaire, il fait le procès de la société, il reconstruit le monde.

L’adolescence est l’âge de la rumination métaphysique. Ce qui compte c’est l’éveil de la pensée personnelle.

Tous les jeunes se croient originaux, quand ils ne sont pas persuadés qu‘ils sont des génies méconnus. Hors l’originalité se réduit au groupe et à la bande

L ‘essor de la pensée coïncide avec un renouveau  de l’Imagination. Cette coïncidence explique en partie la fragilité de l’adaptation au réel de l’adolescent.
La réalité est pour eux hissée de difficultés.

Ils se sentent incompris et maintenus dans un état de dépendance qui coupe court  à leurs tentatives d’Imagination et d’Affirmation de Soi. Cela les renvoie à leurs propres faiblesses

 

Pulsionnel

Par ces tentatives d’appropriation de la société, l’adolescent cherche à se saisir, à restaurer une cohésion et une cohérence détruite par le pulsionnel qui le désorganise  Pulsionnel qui doit se réorganiser avec le système de relation avec soi-même et avec autrui.

L’adolescence cherche à décrire et à prendre conscience ce qu’elle ressent confusément. Quoiqu’il en soit, l’interrogation anxieuse qu’a l’adolescent de lui-même s’exprime de façon plus ou moins nette, plus ou. moins consciente.

Le rejet de la société prend une forme de révolte contre les parents et le milieu décrite précédemment. La maturation génitale, le réveil des pulsions sexuelles plongent l’adolescent en plein drame œdipien.

Accepter la  virilité ou la féminité  signifie dans le langage de l’inconscient entrer une nouvelle fois en rivalité avec le parent  du même sexe. C’est pour  y échapper qu’il se révolte contre toute image parentale.

L’abandon de ses anciennes  identifications (certitudes) prive l’adolescent du sentiment de son identité. Un tel vide doit être comblé par de nouvelles identifications qui restaureront le sentiment d’identité et d’Estime de Soi en renvoyant à l’adolescent une image sécurisante de lui même et en lui redonnant un Idéal du Moi

 

L’amitié juvénile

L’identification a un être semblable à soi, connaissant les mêmes problèmes, les mêmes doutes, les mêmes anxiétés, les mêmes révoltes, les mêmes enthousiasmes, offrent à l’adolescent la possibilité de partager avec lui des sentiments trop lourds et impossible à supporter seul, cette amitié est d’une importance capitale et va jouer un rôle capital dans l’évolution de la crise juvénile.

A l’âge de l’adolescence, l’amitié joue un rôle de soutien du Moi. Elle est un autre Moi, un moi souriant. L’ami renvoie une image idéalisée. L’amitié juvénile est une amitié de type narcissique, car c’est une relation en miroir.

Cette amitié renforce  le Moi, favorise la cohésion et l’unité de la personnalité qui se cherche à travers d’autrui. Cette phase narcissique est donc nécessaire pour contrebalancer le mouvement centrifuge du processus de l’identification. Les parents doivent laisser « faire », s’en mêler risque de renforcer cette amitié, alors qu’elle peut s’éteindre d’elle-même.

Dans la mesure ou l’adolescent projette sur l’ami (e) son Moi idéalisé, dans la mesure où il l’aime pour lui-même, la séparation ou la rupture de l’amitié pour aussi déchirantes qu’elle soient trouvent remèdes.

A  partir du moment ou il cesse de s’identifier a autrui pour ne plus s’identifier qu’à lui-même, les relations amicales seront plus stables.

L’ami sera vu tel qu’il est, aimé pour ce qu’il est.

 

L’amour

L’amour est lié à l’émergence des pulsions sexuelles et entraîne un remaniement profond de l’ensemble de la vie affective et de la personnalité. L’interdit  sociétal de  faire usage de la génitalité renforce le Moi et contribue au développement et à l’enrichissement de la personnalité de l’adolescent.

La sublimation, l’Idéalisation de l’instinct qui préservent la force vive de l’ado sont des mécanismes normaux.

L’amour dans le cadre de l’adolescence devient la grande affaire de sa vie, avec ses émois et ses tourments. C’est dans l’Imaginaire que  l’adolescent et encore plus l’adolescente vont assouvir leurs besoins d’aimer et d’être aimés.

Ce processus imaginaire s’accompagne d’onanisme chez le garçon alors que l’adolescente peut rester plus longtemps sur le registre de cet Imaginaire.

La tendresse se développe plus chez la fille que le plaisir des sens. La dissociation entre instinct et tendresse est un des risques qui guette le garçon , elle est susceptible d’entraîner des anomalies de la vie sentimentale ultérieure.

Pour la jeune fille, les extases de l’amour sont ressentis dans l’Imaginaire. Éprouver l’amour est la seule chose qui soit importante.

L’Etre qu’elle croit aimer intensément est très vite abandonné. Les adolescentes vont de flamme en flamme, c’est d’ailleurs la peur de se brûler les ailes qui les incite à voltiger d’un objet à l’autre.

Il est là, celui qui, jusqu’alors, l’ignorait et qui maintenant tombe à ses pieds. L’élément narcissique n’en sera pas  moins présent dans le rôle que la rêveuse  ne manque pas de s’attribuer.

L’Eveil amoureux commence par être vécu comme une attirance (interdite) vers le parent de l’autre sexe qui provoque l’entrée en jeu du Surmoi, de ses interdits et de ses tabous.

Il arrive que l’adolescent s’enferme si complètement dans ses fantasmes que ceux-ci deviennent plus réels que la réalité. D’autres jeunes filles « modernes » se laissent entraîner dans des expériences sexuelles pour lesquelles, elles ne sont pas prêtes psychologiquement.

En réalité cette attitude réactive leurs sentiments d’angoisses et de culpabilités.  D’autres se tournent vers le réel, mais pour échapper à  une imagination trop sexualisée  Ces jeunes filles ont tendance à éliminer l’amour de leur vie pour se tourner vers des opérations humanitaires, elles sont en quêtes de vie spirituelle.

Ce type de jeune fille qui a abandonnée toute vie émotive se laisse aller à une objectivité narcissique et froide. Le danger consiste dans les succès ou insuccès de cette sublimation, qui peut mutiler toute vie affective.

La tendance à idéaliser ou du moins à satisfaire par l’imagination le besoin d’aimer ou d’être aimé est une façon normale pour l’adolescente de sublimer l’instinct, de se défendre contre les poussées de la sexualité.

Toutes les imaginations sentimentales et romanesques à la contemplation de soi sont nécessaires au développement de la vie affective, spirituelle et de la féminité. La persistance de la vie imaginative est une des sources de la féminité.

Une jeune fille est élevée dans l’idée  qu’elle devra être capable de se débrouiller seule, il y aurait actuellement virilisation de la femme ou de l’homme.

Ce qui manque aux jeunes « modernes » c’est une éducation sexuelle. Des parents s’imaginent avoir remplis leurs devoirs quand ils ont donné des « explications » plus ou moins détaillées, plus ou moins claires.

Dans le meilleur des cas, il ne s’agira que d’informations intellectuelles, mais non assimilées profondément. Or ce n’est pas une information donnée à la sauvette dont les jeunes ont besoin, il faut leur offrir une véritable éducation sexuelle qui commence dans l’enfance, et ne pas se borner à satisfaire la curiosité de l’enfant concernant les différences anatomiques entre les sexes et la reproduction.

La sexualité est indissociable de la faculté d’aimer.

Les jeunes ont besoin d’être entretenus et de débattre sur ce thème. L’expérience démontre que les jeunes ne demandent qu’à  s’exprimer et à interroger le monde adulte. Lorsque ces questions sont abordées dès l’enfance, les jeunes se sentent plus responsables à l’adolescence et ils ont un plus grand sens de leurs responsabilités.

Si tous les adolescents se sentaient responsables  et informés,  ils ne se lanceraient pas dans des aventures stupides.

 

Le groupe

La plupart des adolescents recherchent le groupe, on les voit s’agglomérer, eux qui se croient originaux, ils tentent de s’affirmer et de s’imposer par leur singularité, ils s’accommodent de l’imitation à ses semblables. On s’efforce de ressembler aux êtres que l’on admire.

Rejetant les modèles anciens, l’adolescent s’en trouve des nouveaux. Il est incapable d’assumer ce personnage qu’il habite, faute de savoir lui-même qui est ce personnage. Pour acquérir la confiance, il a besoin de se sentir identique à d’autres.

 

La relation avec la consommation

Sans s’en apercevoir, l’adolescent verse dans le conformisme crée par les médias, les créateurs de mode uniquement pour eux. Les marchands se sont avisés que les adolescents étaient les consommateurs. Ils mettent alors tout en œuvre pour les attirer et les séduire, voir veiller à créer de nouveaux besoins par le biais de supports publicitaires.

Cette adoption de ce matraquage marque un manque de maturité, une oisiveté, un recul devant l’effort de compréhension de la société de consommation adulte, ils ne sont pas prêts   à assumer leurs responsabilités.

Les adolescents éprouvent un besoin de réussite, d’argent facile, le mépris de l’effort à tel point que rares sont ceux qui pratiquent une activité sportive. Il suffit d’exploiter ce besoin d’identification, on l’entretient, l’orchestre, jusqu’à le transformer en contagion ( culte des idoles), qui fait vendre des disques.

Tout se vend même l’amitié par exemple « Claire est mon amie » signée Jennifer. Les cartes de club des amis des Stars, il suffit de payer. L’adolescence devient une marchandise pour les marchands, qui les dupent en leur vendant un idéal. On les dupe en leu créant des modèles, qu’en réalité on leur impose.

Les adolescents sont vulnérables, leurs personnalités ne sont pas achevées .Pour les marchands, la tâche est facilité par la démission des parents( partout, où il y a encore une cellule familiale, les engouements des jeunes ne seront que passagers.

Les jeunes ont besoin d’idole. Ils se sentent dé sécurisés s’ils ne sont pas « tendance ». Le rôle de l’adulte est de l’aider à exercer sa réflexion, de développer son jugement critique à sa pensée d’autres buts que le « rock, la Starac’ » et en lui faisant découvrir des valeurs morales plus élevées.

Ainsi, il sera plus apte à poursuivre son évolution vers l’autonomie et l’Affirmation de Soi.

Dans le groupe, l’adolescent cherche une raison d’Etre, un Idéal du Moi, une image rassurante de lui-même qui apaise son inquiétude intérieure et lui donne le sentiment de sa valeur.

Le groupe permet à l’adolescent de s’affirmer en toute sécurité, il lui permet d’être  incompris et de se heurter au Monde Adulte. Toujours dans ce groupe, il y trouve un Idéal et des valeurs à la mesure de ses aspirations.

Les valeurs communes d’un groupe sont : Courage, Loyauté, Oubli de Soi. Pour le meilleur et pour le pire, c’est à un perpétuel dépassement de lui-même que le groupe incite l’adolescent.

Tous égaux, ils s’épaulent les uns les autres. Semblables, ils se sentent forts et indépendants. Le groupe est ainsi une solution momentanée aux conflits de l’adolescence, dans la mesure où il ne dévie pas vers des activités anti-sociales.

Le groupe vient normalement étayer l’adolescent qui éprouve le besoin de s’affirmer sur un mode plus personnel pour pouvoir assumer seul la conduite de sa vie. Au travers des autres, il prend conscience de lui-même, de ses possibilités, de sa valeur.

 

Persistance du groupe

Si le groupe perdure vers le monde Adulte au lieu d’être tremplin, le groupe devient refuge. Il est un moyen de fuir les responsabilités, béquille ou la personnalité individuelle ne peut s’affirmer. Le jeune renonce à une partie de lui-même, parfois à toute sa réflexion personnelle.

On connaît ainsi  ce genre d’adulte qui ne voit, pense et réfléchisse que par le groupe, incapables d’avoir une pensée personnelle, démunis quand ils se trouvent face à eux-mêmes.

Le groupe alors peut maintenir le jeune, et l’adulte dans un état d’immaturité, en l’empêchant d’accéder  à une pleine autonomie.

Il trouve dans l’univers groupal alors une sécurité qu’il devrait trouver lui-même. Il est souhaitable pour un adolescent que le groupe cesse d’être sa seule référence.

 

Les adolescentes délinquants

La bande délinquante est le plus souvent la manifestation des troubles psychologiques. Ceux ci ont pour causes indirectes des facteurs sociaux ; C’est la désadaptation des parents  qui favorise l’émergence des bandes délinquantes. L’adulte moderne mène une existence sans repos, sans joie, finalement absurde.

Ce qui est grave, c’est que chacun court à ses affaires, talonné par le temps, chacun se retrouve seul. Les grands ensembles abritent des centaines de ménages, qui n’ont aucun contact les uns avec les autres.

L’on ignore son voisin, son nom, par contre l’on connaît bien sa voix, le cri des enfants, les hurlements des parents. La vie de famille du dessous ou au-dessus pénètre la nôtre. Il y a le même anonymat dans le supermarché, solitude de la foule encore, le Dimanche, ou  des citadins s’évadent  en colonne hors des cités.

La solitude sociale atteint l’individu, certaines familles en dehors du cadre professionnel n’ont aucune relation.

Cette mauvaise insertion serait un facteur de délinquance. La famille isolée se trouve réduite à sa plus simple expression. Plus de grands parents, plus d’amis, plus de voisins. Tous ces familiers  ont disparus. Abandonné à Eux-Mêmes les parents doivent décider seuls.

Cette solitude  est rendue plus lourde par un travail sans joie. La mère n’est pas plus présente que le père, elle ne peut plus s’occuper des enfants, de la famille. Il n’y a pas d’atmosphère de joies et de détentes (fatigues, rancœurs, identifications sont le discours habituel)

 

Les facteurs psychologiques

Comment des êtres n’ayant jamais été sécurisés comme enfants pourraient-ils franchir le cap ? Fragilisés, ils abordent l’adolescence avec moins de résistance. Toutes les failles dues aux facteurs héréditaires et aux carences éducatives apparaissent aux grands jours.

Souvenons-nous  des expériences cruciales  de la relation avec la mère au cours de la 1ere Année de Vie. Des conséquences désastreuses de la perte de celle-ci quand elle n’est pas remplacée, du rôle néfaste des mauvaises mères (Absence d’Amour, regret perçu par l’enfant au travers des gestes , de leur façon de se tenir..)

Qu’on pense à tous les enfants non désirés, dont la naissance est considérée comme un fardeau, sans parler du nourrisson qui est abandonné.

En grandissant, l’enfant qui se sent rejeté croit que c’est de sa faute «  On ne m’aime pas, c’est que je suis un mauvais » Cela développe chez lui un sentiment de culpabilité, cela le poussera à se montrer désobéissant, paresseux, soumis… ; et il va  commettre des fautes.

9 fois sur 10 le jeune Délinquant a manqué de références parentales, il n’a pas pu se situer correctement par rapport à ses parents. De là une insécurité accrue, des arrêts dans le développement affectif, une personnalité instable et mal structurée.

Il devient un « bateau ivre » sans repère, sans boussole. Le motif fondamental qui les pousse est toujours le même : Le  besoin de sécurité, presque tous les délinquants sont anxieux.

La bande dissout  l’anxiété ou la rend tolérable. Dans cette bande le jeune va trouver une compensation à ses sentiments de faiblesse, d’infériorité, d’estime, d’affection.

Au niveau du groupe, il y a obéissance aveugle  au chef. Le groupe développe une discipline de fer, le jeune doit faire des sacrifices personnels  importants au profit de la bande. En entrant dans le groupe, le futur membre du gang renonce à son autonomie, sa liberté, se soumet au Groupe.

Pour le délinquant, la bande est un point d’arrivée, il n’ira pas plus loin. La bande tire le jeune de son enfance pour en faire un « homme ».

Le Désir de se conduire et d’être considéré comme un « homme normal » devient compulsif. Les termes Frustration, Échecs, Souffrance, Insécurité, Infériorité sont pour lui intolérables.

Pour le jeune délinquant, il s’agit de réussir à tout prix, il va s’identifier « Au Grand Frère » de la bande qui roule dans des grosses voitures. Le jeune en délinquance va vouloir s’efforcer de brûler les étapes qui le séparent de l’âge adulte.

La bande lui offre cette possibilité, sans elle, il n’est rien qu’un être faible ballotté par la vie, sans défense. En groupe, on peut tout, on devient puissant, on domine l’entourage.

Cela dénote une immaturité affective des adolescents qui sont restés des enfants avec leur besoin d’agir en homme qui rendent leurs comportements dangereux.

Néanmoins dans la bande, il y trouve loyauté envers les camarades, esprit de solidarité, le sens d’autrui ; l’intérêt de tous sur les intérêts particuliers. La Maîtrise de soi, l’héroïsme. Ces valeurs ne dépassent pas la bande.

Encadré par la bande, réconforté par chaleur et la compréhension des autres membres, il va pouvoir exister à ses propres yeux.

Comme tout le monde, le gang recherche  la sécurité, le bonheur. Les bandes sont aussi le reflet des courants sociaux de notre temps : Insécurité, Anxiété, Conformisme, Agressivité ce sont les mêmes mécanismes.

La bande marche «  comme un seul homme »  elle est scellée par les activités délictueuses. Le nouveau venu ne devient membre à part entière qu’après avoir prouvé  ses capacités par une action d’éclat. La diversité des activités de la  bande permet à chacun de manifester  ses aptitudes particulières ; Chacun trouve sa place, cela réduit les rivalités entre les leaders. Quant au plus faible, il s’identifie au plus fort qui le dirige.

Le « Bouffon » au sein d’une bande joue le rôle de soupape de sécurité, car c’est sur lui que se développe l’agressivité.

 

L’adolescent et le cannabis

Les pratiques sont souvent collectives , ces moments de consommation sont en décalages avec ce qui constituait la vie de l’enfant, ces expériences participent de l’éloignement du milieu familial, créant des situations de rupture  plutôt que de séparation. La consommation du shit en bande a pour fonction de souder le groupe, de trouver dans un collectif des repères familiaux manquants ou rejetés par l’adolescent.

La régression fusionnelle peut constituer dans cette agglutination un processus d’individuation  en cours .

Le cannabis diminue l’investissement scolaire et influe sur les relations sociales , ils prennent le cannabis à un moment où ils sont fragiles psychologiquement, dans ce moment d’incertitude quant à leur identité. Ils ont des repères nouveaux qu’ils ont à trouver qu’ils ne trouvent pas d’emblée. La prise de drogue est une sorte d’exploration de soi. Certains très fragiles utilise cette substance comme un médicament comme auto calmant et anxiolytique , comme somnifère.

Parfois cela peut entraîner des décompensations de type « folie » avec des effets de dépersonnalisation assez importants  qui rejoignent les questions angoissées du type «  Ou je suis » « Qui je suis »

Le cannabis ferme la porte au monde social avec une désocialisation, déscolarisation, démotivation.

L’adolescent tente de remplir un vide , le rêve disparaît , on fait des choses au lieu d être. L’adolescent lutte contre l’épuisement de l’imaginaire, un désir de s’échapper de la réalité . Le jeune fume pour se sortir de son mal de vivre, dans cette impasse où il pense évoluer face au monde adulte et à la société. C’est une sorte d’éclipse du rêve adolescent avec une quête du paradis artificiel comme corollaire  et la panne d’imagination parentale entraînant un appel du côté des psy en constituant l’un des symptômes.

 

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Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

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