Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Cannabis

Cannabis

Dans Addictologie

Consommation du cannabis

Extrait d'une formation de Gérard-Yves Cathelin, addictologue.

 

Quelques chiffres

  • La France est le 1er pays d’Europe consommatrice de cannabis avec 1 à 2  millions de consommateurs quotidiens
  • Le cannabis est consommé par 80,5 millions d’européens ( entre 10 à 30 % de la population européenne des 15-64 ans
  • 32,5 des jeunes ( 12-25 Ans ) consomment du cannabis ( consommation de cannabis végétal-71%, et résine 39 %)
  • 172 pays cultivent le cannabis
  • Production mondiale de cannabis végétale entre 13 300 et 66 100 tonnes par an et résine entre 2200 t et 9 900 t
  • Dans le monde 200 millions de consommateurs quotidiens
  • 85 000 entrées dans la schizophrénie sont dues à la prise de de cannabis (personnalité sensible ou ayant une possibilité de décompensation psychotique, avant la prise de cannabis) soit 13 % des schizophrènes,
  • Une étude de Nouvelle Zélande portant sur 25 000 personnes sur une durée de 30 ans a montré une perte de QI de 8 points pour les fumeurs de cannabis
  • 300 décès par ans par le cannabis
  • 108 000 hospitalisés en Europe (principalement problèmes pulmonaires)
  • 4 à 7 % seulement de THC dans 1 joint
  • Le cannabis multiplie par 2 les risques d’infertilité masculine
  • l’Afghanistan est le premier producteur de cannabis
  • le THC du cannabis est la seule drogue qui se stocke dans le cerveau
  • 1 joint par semaine c’est le THC qui s’accumule du 1 Janvier au 31 Décembre
  • Après l’arrêt du dernier joint le THC reste 18 mois dans le système nerveux central,
  • 1 cigarette de cannabis=10 cigarettes de tabac pour la toxicité cardiovasculaire, la toxicité pulmonaire et le risque de cancer
  • 5% des fumeurs de cannabis passent à la cocaïne et à l’héroïne
  • Chaque année 500 000 à 600 000 nouveaux jeunes tirent sur leur premier joint
  • Fumer + de 50 joints dans sa vie accroît d’un facteur de 6,7 le risque devenir schizophrène
  • La dépendance touche 10 à 20% des fumeurs réguliers
  • La consommation de cannabis est à l’origine de 31% des accidents mortels chez les jeunes
  • Le cannabis peut impacter une fibrose hépatique avec un virus de type C

 

Introduction à l’histoire des drogues

cannabis-couleursLe cannabis (cannabis sativa indica) est généralement mieux connu sous les 200 mots d’argot différents qui lui sont attribués : pot, joint, herbe, marie-jeanne, beu, shit, bunt, kif, tosh, hakik, ganja, jaja …, sans compter le vocabulaire inventé par les consommateurs actuels. Ces noms peuvent, entre autre, cacher des modes de préparations différentes, mais toutes les formes de cannabis, quelles qu’elles soient, peuvent perturber l’état d’esprit. De très nombreuses substances sont présentes dans le cannabis. Parmi les 460 éléments chimiques –stérols, terpènes, alcaloïdes, benzopyrène, etc … et une soixantaine de cannabinoïdes … -que compte le cannabis, on trouve en particulier le 9-tétrahydrocannabinol (9-THC) qui est le principe psychoactif le plus puissant. On sait maintenant que le THC est un agoniste de récepteurs spécifiques appelés cannabinoïdes, qui sont des récepteurs couplés aux protéines G.

 

La question de la dépendance

Une mise au point sur les données scientifiques concernant la dépendance au cannabis apparaît nécessaire dans la mesure où, dans la représentation sociale et politique, c’est la dépendance qui fait la « drogue ».

C’est cette dépendance qui a pu être niée par les tenants de la dépénalisation ou exagérée par ceux d’une politique sécuritaire « fumer du haschich mène à la toxicomanie ». Or les données cliniques et une revue exhaustive de la littérature, effectuée pour l’expertise collective INSERM, permettent d’affirmer qu’environ 5% (des consommateurs) à 10% (des consommateurs réguliers) sont dépendants.

La dépendance induite par le cannabis est donc peu fréquente (du même ordre de fréquentation que celle induite par l’alcool) et le plus souvent modérée. Elle est corrélée avec l’importance de la consommation (plus le sujet consomme de joints quotidiens, plus la dépendance est forte) et, ne l’oublions pas, avec les facteurs individuels de vulnérabilité.

Enfin, il faut absolument savoir que, comme pour l’alcool, les dommages liés à la consommation de cannabis peuvent survenir avant que le sujet ne soit dépendant : on parle alors d’usage nocif.

Ces dommages rendent nécessaires une intervention d’aide, même si l’usager n’est pas dépendant. L’épidémiologie de l’abus et de la dépendance, les relations entre modalités d’usage et dépendance ainsi que les facteurs de risque de dépendance restent encore mal connus. Les principales données sur la prévalence de l’abus et la dépendance ont été obtenues aux Etats-Unis, en Australie et Nouvelle-Zélande.

Peu de données sont disponibles en France (en dehors des données de consommation), ce qui traduit bien la faiblesse de la recherche française dans le domaine du cannabis.

 

Syndrome de sevrage au cannabis

Les études chez des volontaires rapportent un syndrome débutant après 24 heures d’abstinence, le pic d’intensité étant maximal après 2-4 jours, et diminuant après 7 jours. Les symptômes sont une agitation, une perte d’appétit, des nausées, une perturbation du sommeil, une irritabilité ou une hyperactivité, parfois une augmentation de la température du corps.

 

Fréquence du syndrome de sevrage

Une étude menée à partir de la Collaborative Study of the Genetics of Alcoholism (COGA) sur 15 611 sujets rapporte que 16% des consommateurs fréquents de cannabis ont eu une histoire de syndrome de sevrage. Ce sont en particulier ceux qui ont consommé le produit presque chaque jour pendant au moins 70 mois.

Ces résultats sont statistiquement significatifs après que l’on a tenu compte d’une dépendance à l’alcool et à d’autres substances psychoactives.

Cela correspond à environ 5% de l’échantillon étudié. Une autre étude a recherché les effets du syndrome de sevrage pendant 28 jours d’abstinence chez des consommateurs chroniques de cannabis (ayant consommé au moins à 5000 occasions, c’est-à-dire l’équivalent d’une consommation journalière pendant 14 ans). Le comportement agressif, mesuré par le Point Substraction Agression Paradigm, a été évalué : les niveaux les plus élevés d’agressivité sont retrouvés les troisième et septième jours, avec un retour à la normale, comme dans la période de pré sevrage, sans changement de l’indice de dépression ou d’anxiété.

 

Sévérité du syndrome de dépendance

cannabis-marcherLe concept de syndrome de dépendance affecté d’un degré de sévérité est issu du travail avec les consommateurs excessifs d’alcool et, plus tard, avec les fumeurs de tabac.

L’applicabilité et l’utilité clinique du syndrome de dépendance pour un grand nombre de substances ont été examinées comme faisant partie du champ d’expérimentation du DSM-IV. Environ 1100 sujets ayant consommé plus de 6 fois du cannabis ont été interrogés dans le cadre de cette étude.

Les critères 1 à 9 et 11 du DSM-IV ont été employés pour évaluer la dépendance, qui a été quantifiée selon le nombre de critères remplis (dépendance nulle, faible, modérée ou sévère).

Un autre score, fondé sur l’intensité et la fréquence de l’utilisation, a permis de classer les sujets en trois groupes de consommation : nulle, faible, intermédiaire ou forte.

L’utilisation de critères quantitatifs pour rendre compte de la sévérité permet d’isoler des sous-groupes de personnes ayant un degré différent de sévérité, selon le type de substance auquel elles sont dépendantes.

Pour l’ensemble des classes de substances, la sévérité est globalement corrélée avec les mesures de quantité, de fréquence et de problèmes associés : – les personnes ayant une consommation de substance(s) psychoactive(s) ont un risque plus grand de remplir les critères de dépendance : le lien le plus faible est observé par le cannabis ;

– les proportions de personnes ayant une dépendance faible, modérée ou sévère varient selon les substances psychoactives. La majorité (2 tiers) des personnes dépendantes au cannabis l’est de manière faible ou modérée ;

– la proportion de ceux qui, ayant consommé plus de 6 fois un produit, n’ont pas rencontré des critères de dépendance, varie considérablement, n’ont pas rencontré les critères de dépendance, varie considérablement selon les classes de produits.

Ainsi, seulement 13% d’entre eux qui ont utilisé le tabac ne rempliront pas les critères de dépendance contre 60% de ceux qui ont consommé du cannabis.

Parmi ceux qui deviendront dépendants à l’alcool ou au cannabis, la moitié ou les deux tiers auront une dépendance modérée ou faible. Pour ceux qui deviennent dépendants au tabac (très facilement), 80% auront une dépendance faible selon les critères et ne progresseront pas vers une dépendance sévère comme pour la cocaïne ou l’héroïne.

 

La question de l’adolescence

Premiers usages

Les premières bouffées s’effectuent en faisant « tourner le joint ». Entre ados le cannabis aurait un rôle modulateur de l’humeur, le contrôle moteur, les perceptions, l’appétit. Beaucoup  décrivent la nécessité de fumer pour vivre plus intensément un film, une musique. Pour certains l’usage du cannabis reste festif et associé à la convivialité.

Pour d’autres les premières prises seront mises à profit pour régler les troubles du sommeil. Dans ce cadre, l’adolescent gère une anxiété, un débordement émotionnel.

Les expériences difficiles, traumatiques sont vécues avec moins d’émotions, d’anxiété.

Le cannabis procure un sentiment de plaisir de par son action directe sur le cerveau via le circuit de récompense, et court-circuite la voie receptivo-sensorielle. Cela va développer l’aliénation de l’adolescent.

La défonce efface toute pensée douloureuse. Le cannabis met alors à distance les problèmes psychologiques sous-jacents.

Pour les adolescents, les altérations dues au cannabis sont les dysfonctionnements des sphères cognitives (mémoires, fonctions cognitives supérieures) une modification du stress et du vécu émotionnel. Les conséquences sociales seront une chute du rendement scolaire et une baisse de la motivation. Le cannabis sert à faire le « vide » dans sa tête pour se focaliser sur une action. Cependant cela a un coût : l’altération des fonctions cognitives.

Les études montrent une comorbidité entre prise de cannabis et troubles alimentaires, l’abus d’alcool, les symptômes dépressifs, les troubles anxieux ou encore les comportements suicidaires et troubles des conduites.

 

Psychopathologie du jeune consommateur de cannabis : Consommation du début, consommation festive

A ce stade, il s’agit pour le jeune d’une information sur le produit et d’une évaluation du retentissement familial, scolaire, social. A ce stade, le rôle de la prévention est primordial.

L’adolescent a des modifications corporelles qui ont un impact sur l’image qu’il a de lui-même, ainsi que sur la vision que les autres ont de lui. Cette transformation est génératrice d’émotions. L’adolescent n’évolue pas seul, mais au sein d’une structure familiale et environnementale. Les théories de l’attachement ont montré qu’une relation familiale sécure avait une influence majeure sur le processus de séparation individualisation à l’adolescence.

 

Le développement émotionnel durant l’adolescence comprend :

cervea-cannabisLa recherche d’une identité cohérente et réaliste dans le contexte du rapport aux autres et l’apprentissage du stress et de l’émotion.

C’est au cours de l’adolescence qu’un individu a les capacités de prendre conscience de ce qu’il est, de ce qui le rend unique, et de faire face à ses émotions d’autre part.

Se construire une identité implique la façon dont l’adolescent se voit ici et maintenant, mais aussi sa capacité à se projeter dans ce qu’il peut et souhaite devenir (la conception de soi, ses intérêts, ses valeurs, ses croyances son estime de soi).

Une estime de soi basse ou élevée influencera l’amélioration ou la détérioration d‘un jeune. Plusieurs autres facteurs auront une influence : capacité à faire des généralisations abstraites, la conception du soi, les changements physiques, les commentaires des parents, les proches, les pairs. Le processus par lequel l’adolescent achève son identité passe par son apparence physique.

La perte de l’estime de soi prend souvent pour origine le fossé qui existe entre ce qu’il voudrait être et ce qu’il est.

 

Gestion des émotions

L’adolescent doit apprendre à les identifier. Par exemple, certains adolescents qui ressentent de la colère sans pouvoir la nommer expressément, l’extérioriseront par un comportement agressif. Certains jeunes ont des difficultés à lire les émotions des autres, ce qui conduit à des malentendus ou à des attitudes agressives.

 

Rapports avec la famille

La période de l’adolescence est une période de changement, de réorganisation des relations intrafamiliales. L’adolescence signifie souvent la fin de la carrière de l’éducation pour les parents. Cette période est stressante, anxieuse pour la parentalité. Pendant cette période, le maintien d’un cadre tout en laissant de la distance est nécessaire. L’absence de cadre est souvent un facteur de risques majeur de poly toxicomanies.

 

Facteurs de risques de consommation de cannabis

Les conduites addictives surviennent sur des personnalités diverses, allant de la névrose à la psychose. La consommation problématique de drogue est associée aux dépressions majeures. Il a été remarqué par le Réseau Dépendance que certaines dépressions non traitées dans la petite enfance augmentent les conduites à risques. En réalité, ce serait l’anxiété qui serait un des facteurs de risques, la dépression venant plus tardivement.

L’adolescent entre dans une période où il doit faire le deuil de son enfance, construire son identité qui est au départ fragile, affronter le système de sélection scolaire, apprendre à vivre son vécu émotionnel sans tomber dans le pathologique.

La défonce peut être considérée comme une lutte contre toute pensée déplaisante. Le comportement addictif diminue toute élaboration psychique du fait de la consommation. Cet acte évite toute élaboration dépressive. La toxicomanie est un facteur de dépression du fait des désordres biologiques secondaires et des conséquences psychosociales de la marginalisation, tout arrêt est de plus en plus douloureux. Le jeune est pris au piège.

 

Facteurs familiaux

L’adolescent d’aujourd’hui est confronté aux incertitudes de l’avenir, en la perte de croyance des idéaux (politiques, éthiques, moraux, religieux) Le rôle du père s’efface, d’un surinvestissement des capacités de maîtrise de l’enfant en réponse à une captation dans le désir de l’adulte au détriment de la satisfaction de ses besoins propres et du développement de ses capacités autonomes.

Nous sommes dans un système d’interrelations entre le développement du système familial et le développement du jeune où ce qui apparaît  prédominant est la résonance entre la problématique de l’adolescent et les conflits non élaborés de l’adolescence des parents.

Il est frappant de constater que les conduites addictives se mettent en place pour l’essentiel à la puberté et le plus souvent pendant l’adolescence, c’est à dire au moment où le sujet doit s’autonomiser et où il ne peut plus bénéficier de la même protection des parents.

Les facteurs de risques antérieurs apparaissent peuvent exprimer l’échec des processus d’attachement dans l’enfance décrit par Bowlby. Plus il y a d’hostilités et de froide distance au sein de la famille, plus le risque de consommation est grand.

Une hypothèse consiste à considérer la dépendance comme le produit nécessaire à l’incapacité à élaborer l’angoisse de séparation. L’expérience de relations peu satisfaisantes, avec un entourage peu disponible ou imprévisible entraîne un retrait des affects, voire des attitudes de dépendance relationnelle. Ces attitudes constituent une protection contre l’angoisse de perte et de séparation.

La relation addictive colmate ce qu’il y a de plus conflictuel mais aussi de plus investi dans le besoin relationnel et laisse peu de disponibilité pour les échanges. La relation au cannabis traduit une impossibilité relationnelle aux autres

 

Entre plaisir et souffrance

Principaux déficits cognitifs

cannabis-barbeLes différents résultats montrent des dysfonctionnements attentionnels, des dysfonctionnements mnésiques, des anomalies de la poursuite oculaire, de la phase d’alerte, du temps de réaction, des déficits dans l’estimation du temps.

L’exposition au cannabis altère l’inhibition de réponse et la prise de décision. L’on peut noter aussi un déficit des activités professionnelles ou scolaire qui favorisent la désinsertion, des troubles du fonctionnement intellectuel, des difficultés de concentration, attentionnelle et mnésique, une pauvreté idéatoire, une indifférence affective avec rétrécissement de la vie relationnelle.

Les possibilités d’accomplissement scolaires semblent réduites, les consommateurs de cannabis sont plus souvent en situation d’échecs répétés.

Le cannabis peut être à l’origine de neurotoxicité lésionnelle mais les altérations sont réversibles et sont liées à un bon sevrage.

 

L’ivresse cannabique crée     :

– Une modification de l’humeur, une euphorie, un bien être incommunicable, une exaltation thymique, parfois un malaise anxieux, des idées dépressives ;

– Des perturbations de la sphère intellectuelle, avec une stimulation psychique, des réminiscences mnésiques, une exaltation imaginaire, une manifestation d’élation où tout paraît facile.

En réalité, la mémoire de fixation est perturbée, la concentration intellectuelle difficile, il peut exister une ébauche de troubles de l’orientation spatio-temporelle sous forme de distorsion subjective du temps, de l’espace, le temps paraît raccourci ou désespérément allongé.

L’on peut retrouver des troubles de la communication orale (dialogues moins clairs, rupture de la continuité du discours, intrusion de mots ou d’idées inappropriés, raccourcissement des phrases, ralentissement du débit) ;

– Un changement du vécu corporel : bien-être agréable, décontraction, sentiment de planer, d’être libéré de son corps ; parfois un sentiment de lourdeur physique, de lassitude, voire de torpeur ; – Des modifications sensorielles : intensification des perceptions visuelles, tactiles, auditives, chromatiques et syncinésies.

Un syndrome de déréalisation peut apparaître. Il s’agit d’une véritable attaque  de panique (bad trip). Cette expérience est corrélée avec un état anxieux du sujet lors de la prise.

A cette angoisse de dépersonnalisation s’associe une asthénie, une humeur dépressive, des perturbations cognitives.

Toutefois, il n’y a pas d’éléments paranoïdes délirants, délirants, hallucinatoires ou dissociatifs.

Les épisodes psychotiques induits par le cannabis sont des épisodes brefs, de quelques semaines à deux ou trois mois. Certains symptômes sont plus spécifiques, comme des hallucinations visuelles avec notes confusionnelles, des thèmes polymorphes, des troubles du comportement et de l’agressivité.

Des études démontrent que le cannabis détériore la mémoire à court terme et porte atteinte à la vigilance attentionnelle.

La psychose fonctionnelle induite par le cannabis  se caractérise par des délires francs (paranoïa, grandiosité,..), une dépersonnalisation, des éléments d’hypomanie, une légère désorganisation de la pensée, un léger émoussement de l’affect et des symptômes de la lignée de Schneider (intrusion et diffusion de la pensée).

La psychose toxique au cannabis  se présente avec des éléments d’organicité, c’est à dire la confusion et la désorientation.

L’on peut penser que la consommation à terme augmente le nombre de symptômes psychotiques sans toutefois accroître le nombre de diagnostic de psychoses.

Les résultats des différentes approches pharmacologiques, épidémiologiques, neurobiologiques, génétiques, neurochimiques suggèrent que la consommation des cannabinoïdes (exogènes) ou endocannabinoïdes (endogènes) peuvent contribuer à la physiopathologie des psychoses et de façon particulière à la schizophrénie.

L’usage important et précoce de cette substance psychoactive jouerait un rôle causal dans l’émergence d’une schizophrénie chez des sujets vulnérables.

C’est donc la rencontre d’un certain type d’usage (important et précoce) et d’un certain type de population (adolescent présentant une vulnérabilité) qui constitue une population à risque. Nous pouvons dire que le cannabis ne représente qu’un facteur parmi plusieurs autres possibles qui forment une constellation causale impliquée dans le développement de la schizophrénie chez l’adulte.

 

Toxicomanie et pathologies

Après 10h de consommation on peut relever :

  • Une excitation,
  • Une anxiété,
  • Des tremblements,
  • Des palpitations cardiaques,
  • Une dissociation d’idées,
  • Une erreur d’appréciation de l’espace,

 

Syndrome a motivationnel

  • Déficit des activités professionnelles ou scolaires favorisant ou amplifiant la désinsertion
  • Trouble du fonctionnement intellectuel
  • Difficulté de concentration, attentionnelles et mnésiques,
  • Indifférence affective,
  • Rétrécissement de la vie relationnelle,

 

Complications somatiques

  • Risque de cancer du poumon,
  • Cancer ORL, langue,
  • Modification du rythme cardiaque, (possibilité d’infarctus pour les sujets ayant une cardiopathie ignorée),
  • Modification de la pression artérielle.
  • Artériopathie des membres inférieurs,
  • Bronchite,
  • Risque fœtal (prématurité, hypotrophie, retard de croissance),
  • Altérations neurocomportales et développementales chez les sujets exposés au cannabis in utero

 

Les troubles cardiovasculaires liés au cannabis

10 minutes après la prise de cannabis, la fréquence, le débit cardiaque et cérébral augmentent ; la tachycardie peut être responsable de palpitations ou d’une réduction de la tolérance à l’effort chez les patients coronariens. Cela peut entraîner un ralentissement de la fréquence cardiaque

 

Bronchite et troubles respiratoires

L’exposition chronique chez les gros fumeurs de cannabis entraîne des bronchites indiscutables avec une toux chronique, une expectoration et des râles sibilants. L’atteinte inflammatoire se manifeste par un épaississement de la membrane basale, un œdème sous-muqueux, une hyperplasie vasculaire, une infiltration muqueuse cellulaire, une perte de l’épithélium cilié.

 

Troubles cognitifs

Les effets cognitifs se traduisent par des troubles de la mémorisation, de l’attention

 

 

cathelin2-150x150

 

Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

Post a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *