Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Etre alcoolique

Etre alcoolique

Dans Addictologie

L’alcoolisme, ses conséquences, ses remèdes, par Gérard-Yves Cathelin, psychothérapeute et addictologue

 

Quelques chiffres

Mortalité: L’alcool est responsable de 65 000 morts évitable par an (10% de la mortalité globale)  La mortalité est de 3 à 5 fois supérieure au reste de la population.

Entre 3 et 5 millions de personnes dépendantes en France, 1 famille sur 5 est confrontée à un  membre alcoolique dans son entourage, 70% des 12-18 ans consomment de l’alcool

La consommation d’alcool fort est de l’ordre de 50 %

L’ivresse est au-delà des 30%

L’on est malade alcoolique au-delà de 21 verres par semaine,

20 à 30% des consultations chez le médecin généraliste sont dues à des complications liées à la prise d’alcool

5%  des cas sont des alcoolos dépendants

13%  des patients hospitalisés souffrent d’alcoolisme. Elle est de 18%  si l’on exclut les services de soins de suite et de longue durée.

L’alcool est responsable de 25% d’hospitalisation en psychiatrie

 

L’alcool est responsable :

  • 10% de l’hypertension artérielle,
  • 24% des accidents vasculaires cérébraux,
  • 16% de la tumeur du sein,
  • 20% de la tumeur du pancréas
  • 33% des psoriasis
  • 10% des dépressions

 

Accidents

L’alcool  est imputable dans :

  • 30 à 40% des accidents mortels de la circulation
  • 10 à 20% des accidents du travail
  • 20% des accidents domestiques
  • 3% des accidents survenus dans le sport,

 

Conséquences sociales

L’alcool est responsable dans:

  • 50% des rixes,
  • De 5 à 25 % des suicides
  • Dans 20% des délits
  • Dans 50 à 60% des crimes.

 

 

Etre alcoolique, est-ce trop boire ?

Où est le trop ?

Mal boire ? C’est-à-dire dévier l’alcool de ses usages conviviaux et sociaux ?

Souffrir physiquement et psychiquement de boire ?

Ne plus pouvoir ne plus boire

 

 

En 1974, Davies a proposé une définition qui, relativement globale, est précise et brève : « on peut appeler alcoolisme l’ingestion intermittente ou permanente d’alcool conduisant à la dépendance ou susceptible d’être nocive ». Quoique incomplète, elle a le mérite d’insister sur deux notions importantes pour les alcoologues actuels.

 

Usage nocif et abus

L’usage nocif est ici un mode de consommation d’alcool préjudiciable à la santé. Il correspond à une période pendant laquelle le sujet a des dommages sanitaires et sociaux liés à sa consommation mais n’est pas dépendant. Ces dommages peuvent être physiques et psychiques.

 

Dépendance

Le syndrome d’alcoolo-dépendance constitue le modèle clinique de l’addiction. Le DSM-IV et la CIM-10 ont des critères propres mais proches. La dépendance est un état physiologique de neuroadaptation produit ici par la prise répétée d’alcool avec nécessité de la poursuivre pour prévenir l’apparition d’un syndrome de sevrage. Elle se traduit par l’apparition d’une tolérance, des signes de sevrage à l’arrêt du produit, une consommation parfois compulsive. Le craving des auteurs anglo-saxons, ou besoin irrépressible de boire, est au cœur de ces conduites. Les critères du DSM-IV montrent que les symptômes physiologiques de la dépendance ne sont pas indispensables au diagnostic

 

Classification de JELINEK

– l’alcoolisme alpha
Le sujet a recours à l’alcool pour soulager une douleur, un malaise physique ou social, une émotion. Il y a une dépendance psychologique mais encore une possibilité d’un contrôle à la consommation. Cette forme peut évoluer vers la forme gamma ;

– l’alcoolisme bêta
Renvoie à des conduites d’alcoolisation trop importantes, régulières avec des symptômes physiques, notamment hépato digestifs, neurologiques, sans syndrome de dépendance. La tolérance est augmentée. Une possibilité d’évolution vers l’alcoolisme delta est possible ; –

l’alcoolisme gamma
Implique la perte de contrôle du sujet par rapport aux quantités d’alcool absorbées, un besoin irrépressible d’alcool ou craving. L’alcoolo-dépendance est majeure. L’alcool est consommée comme une drogue (alcoolose de Fouquet)

– l’alcoolisme delta
Concerne des sujets qui n’ont pas perdu le contrôle des quantités d’alcool absorbées mais qui sont dans l’impossibilité de s’abstenir de boire d’une façon quasi quotidienne. La tolérance est augmentée, la dépendance physique évidente (alcoolite de Fouquet) ;

 

Classification de Fouquet

Cette classification distingue trois formes cliniques     :

les alcoolites : Regroupant les termes d’alcoolisme d’entraînement, d’habitude. La consommation, d’abord occasionnelle, devient rapidement quotidienne. Sa quantité augmente. Elle est souvent sociale, sans culpabilité ressentie. La dépendance s’installe progressivement. La prise de conscience ne se fera, le plus souvent, que par une complication ;

– les alcooloses: Terme qui renvoie aux « alcoolismes névrotiques ». Leur début est plus tardif. Les consommations d’abord irrégulières, sont solitaires, culpabilisées, importantes. Les ivresses sont fréquentes. L’alcoolo-dépendance est vite présente. L’alcool est là, plus qu’ailleurs, utilisé pour son action psychotrope. Ces alcooloses sont décrites plus fréquentes chez les femmes ;

 – les somalcooloses : ce sont des conduites d’alcoolisation intermittentes, impulsives, paroxystiques. Elles renvoient à la dipsomanie de Magnan ou à l’alcoolisme epsilon de Jellinek, et s’observent le plus souvent lors d’un trouble grave de la personnalité ou sur une personnalité dyssociale.

 

Alcoolo-dépendance

L’alcoolo-dépendance est un trouble complexe et généralement avancé des conduites d’alcoolisation dont elle représente la forme la plus sévère et la plus accomplie.

L’alcoolisation est dans ce cadre une persévération du comportement malgré la connaissance des risques. Le sujet se trouve dans l’incapacité, à planifier, limiter, réduire sa consommation d’alcool. Cette perte de contrôle, met le sujet dans une perte de liberté de s’abstenir de boire. Les alcoolo-dépendants sont donc des usagers nocifs d’alcool qui ont perdu le pouvoir de moduler leur consommation d’alcool, parce qu’une dépendance pharmacologique (physique) psychologique, comportementale s‘est installée.

 

Signes de consommations excessives :

Modifications progressives du comportement
Le sujet possède, avec son environnement, une loquacité inappropriée, une familiarité excessive, une irritabilité inhabituelle, une fuite des situations confrontantes, des conflits. L’on trouvera aussi des céphalées, des troubles du sommeil avec fragmentation, des troubles des fonctions supérieures (difficultés mnésiques, défaut de concentration, attention labile), des troubles digestifs (pituite matinale, anorexie).

Signes cutanés
Le visage est blafard avec un teint cireux, parfois il a un visage plus coloré avec des télangiectasies au niveau des ailes du nez, des pommettes, des téguments des oreilles. Une acné rosacée de la face peut donner un visage rouge avec une inflammation des tissus conjonctifs.

Signes nerveux
Des tremblements fins des extrémités (lèvres, mains, oreilles) réguliers, permanents sont fréquemment observés en dehors des signes de sevrage.

Exacerbés par l’émotion, ils peuvent intéresser tout le corps et donner un aspect fébrile Une consommation aiguë peut entraîner un coma éthylique sans signe neurologique en foyer, ni syndrome méningé.

Une complication sévère est l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke par lésion des corps mamillaires. Ce trouble aigu peut être lui-même compliqué d’un syndrome de Korsakoff.

Les atteintes peuvent être centrales (atrophie cérébelleuse, encéphalopathie hépatique, accidents vasculaires cérébraux, traumatismes crâniens, crises convulsives généralisées, démences, maladie de Marchiafava- Bignami, myélose centropontine) ou périphériques tronculaires comme la névrite optique rétrobulbaire ou anoxales comme la polynévrite des membres inférieurs

Signes endocriniens
On trouve chez les malades alcooliques une gynécomastie bilatérale, une hypertrophie parotidienne bilatérale qui donne au visage un aspect bouffi.

Système digestif
La consommation d’alcool peut altérer tout le tube digestif, dont deux organes cibles : le foie et le pancréas. Les maladies alcooliques du foie (stéatose, hépatite alcoolique aiguë, fibrose extensive, cirrhose) sont des grandes pourvoyeuses d’hospitalisations.

Cancers
La consommation excessive d’alcool est impliquée dans deux types de cancers : ceux des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, œsophage) et ceux du foie. La relation avec le cancer du sein et le cancer colorectal est probable ; celle avec le cancer du poumon est possible. Les experts s’accordent à attribuer à la consommation d’alcool un cancer sur trois.

Psychiatrie
La consommation excessive d’alcool entraîne une irritabilité, une anxiété, des insomnies des dysthymies. Associée à des dépressions, troubles anxieux, schizophrénie, l’alcoolo dépendance en complique l‘évolution par une péjoration des réponses. L’alcoolo-dépendance développe chez le sujet atteint des mensonges, des dissimulations, une culpabilité. Dans des formes sévères, on peut remarquer des attaques de panique, des confusions, des agitations, des troubles de la perception : hallucinations sensorielles, visuelles ou auditives.

52% des sujets présentant un trouble lié à l’alcool, ont un trouble psychiatrique occurrent. Les plus représentés sont les troubles anxieux : 19%. La personnalité anti sociale vient en seconde position : 14%. Les dysthymies viennent en troisième position : 13%. La schizophrénie a une prévalence de 3,8%. L’existence d’un trouble mental multiplie par 3 le risque de souffrir également d’un trouble lié à l’alcool. Les prévalences entre abus d’alcool et troubles bipolaires sont de 40 à 50%.

Troubles dépressifs :
Face à un patient alcoolo-dépendant présentant un syndrome dépressif, le clinicien doit choisir la démarche thérapeutique permettant au sujet de retrouver un fonctionnement optimal. Il convient d’identifier le type de dépression. Chez l’homme l’alcoolo-dépendance précède la dépression. N’oublions pas qu’une dépression peut être reliée à une pathologie organique sous-jacente ou à la prescription de certains médicaments. Certains sujets présentent un syndrome dépressif induit par la consommation d’alcool. Ces dépressions induites régressent avec l’abstinence.

L’existence d’un syndrome dépressif est un facteur de risque majeur de suicide chez l’alcoolo-dépendant.

Troubles bipolaires :
Il faut savoir que la prise d’alcool chez un bipolaire est associé à une phase maniaque aux épisodes dépressifs. Les bipolaires accrocs à l’alcool sont le plus souvent de sexe masculin. L’alcool a un rôle aggravant sur la bipolarité.

Troubles anxieux :
La plupart des patients disent utiliser l’alcool pour diminuer l’anxiété et évoquent l’hypothèse d’une automédication. La consommation d’alcool est renforcée par le soulagement immédiat de l’angoisse, mais elle contribue à l’aggravation du trouble anxieux sous-jacent qui provoque en retour de nouvelles consommations. L’existence d’un trouble anxieux lors de la prise en charge pour un problème alcool est un facteur de risque supplémentaire de rechute.

Il faut être très attentif aux explications données aux patients concernant les interactions entre les deux troubles. Une prescription d’un traitement médicamenteux avant sevrage devra être réservée à la présence d’éléments de gravité évoquant une dépression mélancolique, un risque suicidaire majeur.

 

Evolution de l’alcoolo-dépendance traitée 

1/3 des sujets s’en sortent, 1/3 des sujets rechutent, le dernier 1/3 est dans une rémission instable, caractérisée par une abstinence incomplète.

Globalement, 2/3 des patients alcoolo-dépendants traités tirent bénéfice à un an de leurs parcours thérapeutique.

 

Conduites d’alcoolisation et complications neurologiques

Intoxication éthylique aiguë

Les troubles de la parole, de l’équilibre sont la conséquence de la toxicité de l’alcool sur le cervelet.

Troubles cognitifs

L’altération cognitive est de type     :

– Allongement du temps de réaction, – Rétrécissement du champ visuel, – Erreurs répétitives du fait de l’action de l’alcool sur le cortex frontal.

 

Complications

Les complications sont de types     :

Vasculaires : à type d’hémorragie cérébrale,

Traumatiques : hématomes cérébraux, hématomes méningées,

 Métabolique : Convulsions, confusion,

Mécaniques : rhabdomyolyse due à la compression prolongée des membres,

 Hépatiques : encéphalopathies compliquant les cirrhoses

Hypoglycémies.

 

Syndrome de sevrage alcoolique     :

Troubles subjectifs : anxiété, agitation, insomnie, cauchemars,

Manifestations neurovégétatives : sueurs, tremblements, tachycardie, hypertension,

Manifestations digestives : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée,

Delirium,

Des hallucinations,

Neuropathie optique,  Dyschromatopsie, baisse de l’acuité visuelle, presbytie.

 

Syndrome cérébelleux     :

Troubles de la marche.

 

Encéphalopathies     :

 La maladie Marchiafava-Bignami : Démence associée à une spacité des troubles de la marche et de la parole. La lésion est une nécrose du corps calleux.

La myélinolyse centropontine comporte un syndrome pseudo-bulbaire associant des troubles de la phonation, de la déglutition et de la mobilité faciale. Il s’accompagne de démence et de troubles de la conscience La lésion anatomique est une  destruction de la myéline.

Syndrome de Wernicke-Korsakoff     :

Le syndrome associe des paralysies oculomotrices, troubles de la conscience, ataxie et hypertonie ;  Troubles massifs de la mémoire antérograde avec les fonctions cognitives altérées. Les lésions anatomiques du syndrome touchent l’hippocampe, les tubercules mamillaires et le thalamus, des lésions du cortex frontal ont été décrites.

 

Psychopathologie familiale

Dans le cadre de la famille le sujet alcoolique stabilise le fonctionnement dans son ensemble bien plus qu’il ne le désorganise. La conséquence la plus visible est la cohésion familiale, l’aspect soudé des enfants avec le parent non alcoolique se rapprochent pour faire face. Par ses symptômes la personne alcoolique révèle l’état de stress du système familial.

Bowen explique que la personne alcoolique n’est pas parvenue à se différencier suffisamment de son cadre familial d’origine. Ainsi, il exprime un attachement émotionnel à la figure maternelle par une position d’un être super indépendant. Derrière cette façade de dépendance, il y a le déni du besoin de dépendance. La personne alcoolique présente une façade composée d’une immaturité, d’une fixation à l‘oralité, un moi faible.

L’état alcoolisé masque toutes ses carences. Le sujet alcoolique est dans une attitude de défi permanent. Il cherche ainsi à montrer un moi fort qui peut résister à la tentation. L’entourage permet cette rivalité. En effet, plus le conjoint, les parents les enfants répètent qu’il est faible devant l’alcool, plus l’alcoolique va vouloir montrer sa force à résister à l’alcool. Plus l’alcoolique s’aggrave, plus l’entourage a tendance à jouer un rôle complémentaire en exerçant de l’autorité, de la protection. La bataille avec la bouteille se termine par le fait que l’alcoolique pactise avec la bouteille.

La fierté d’une personne alcoolique c’est de pouvoir démontrer qu‘il peut maîtriser l‘ivresse. Le passage de la sobriété à l’intoxication correspond à un passage de défi symétrique à la complémentarité. L’état alcoolique présente un double aspect : obsession de l’esprit qui pousse à boire et réaction du corps vis à vis de l’alcool qui détruit.

L’alcool va échapper de plus en plus à son contrôle, ce qui amène le sujet malade de l’alcool à vouloir maîtriser son environnement, sa famille pour masquer ainsi sa dépendance au produit.

Les conduites d’alcoolisation sont le reflet de l’état de stress du système. L’alcool dans la structure familiale semble jouer un rôle de réducteur de tensions, favorisant une distribution des rôles dans la famille.

La conduite alcoolique est davantage perçue comme le fait d’une habitude, d’un entraînement professionnel plutôt que celui de distorsions familiales.

L’alcoolisation permettrait de donner une soupape de sécurité comme bouc émissaire, elle montrerait sans le dire, le dysfonctionnement familial. La conduite alcoolique serait le langage d’une souffrance individuelle et familiale qui ne peut être exprimée que par les maux physiques, les troubles du comportement, les conduites à risque.

 

 

L’enfant dont l’un des parents est alcoolique devra endosser un costume lourd à porter.

Nous aurons plusieurs types d’enfants :

L’enfant héros 

Il va représenter la vitrine de la famille à travers sa réussite, pour signifier que l’entourage va bien. Son but n’est pas de satisfaire ses besoins mais de compenser le déficit de soi de ses parents en tant qu’individus et en tant que famille.

L’enfant sauveteur 

Il se charge des tâches domestiques et du soutien de l’un ou l’autre parent, mais aussi de ses frères et sœurs.

L’enfant bouc émissaire 

Il cache le poids de sa souffrance, de sa honte, de sa culpabilité derrière des comportements de bravade. Par ses comportements, il va attirer indirectement l’attention sur lui des professionnels pour aider sa famille.

L’enfant clown 

Il a pour fonction de soulager le système familial des tensions en attirant sur lui l’attention, en anticipant les conflits, en distrayant la famille.

 L’enfant invisible 

Il se retire dans les coulisses. Il s’adapte à la situation en devenant invisible, solitaire, il se réfugie dans son espace personnel. Il se sent de plus en plus étranger à la famille, il finit par se faire oublier. Personne n’attend rien de lui, il ne développe pas ses potentiels.

L’enfant roi 

Il vit dans la toute puissance et la surestimation de soi. Plus âgé, il tyrannisera parents, frères, sœurs qui doivent être à son service.

 L’enfant déficient mental 

Il renonce à développer sa lucidité et à exercer son intelligence pour apprendre, il est pris dans les règles confusionnelles de la famille.

 

Alcool et Grossesse

L ’ a b s t i n e n c e   a l c o o l i q u e   d o i t   ê t r e   t o t a l e   p e n d a n t   l a   g r o s s e s s e

La clinique

Les publications décrivent, chez l’enfant ayant subi une exposition à l’éthanol intra fœtal, l’association d’un retard de croissance intra-utérin, une dysmorphophobie, des atteintes du SNC. Cela touche aussi le poids, la taille et le périmètre crânien. Les éléments dysmorphophobiques sont des fentes palpébrales étroites, une lèvre supérieure mince, une hypoplasie du maxillaire inférieur court ou retroussé, l’on peut trouver des malformations cardiovasculaires, squelettiques, rénales, urinaires, tégumentaires ou cérébrales.

Le cerveau et le cervelet sont diminués de volume, le corps calleux, le cervelet et les hippocampes sont particulièrement touchés. Les conséquences cognitives et les lésions du SNC sont importantes.

Les sujets ayant subi un syndrome d’alcoolisme fœtal ont dans l’enfance et l’adolescence des troubles alimentaires, des désordres psychiatriques, des difficultés d’adaptation comportementale et de scolarisation, des comportements inadaptés. L’intelligence globale, la mémoire, la coordination, la motricité fine, le traitement visuo-spatial, l’attention, la résolution de problèmes, la pensée abstraite et le contrôle émotionnel sont altérés. Les sujets ayant été exposés au syndrome d’alcoolisme fœtal ont des performances inférieures. Un dysfonctionnement des fonctions exécutives aura des répercussions cruciales sur le fonctionnement des individus

Les troubles neurodéveloppementaux font toute la gravité de l’exposition du fœtus à l’alcool puisqu’ils vont hypothéquer le devenir des personnes

On peut envisager, avec Connors et ses collaborateurs : des dommages du SNC, des handicaps primaires (diminution du QI), les troubles spécifiques de l’apprentissage et des fonctions exécutives sont à l’origine de handicaps secondaires : impulsivité, instabilité, thada, difficulté à se conformer aux règles, comportement antisocial.

Le pédiatre Paul Lemoine nous dit : « Les sujets ayant subi une alcoolisation intra fœtale (EPA) auront des troubles psychiques qui persisteront chez l’adulte, l’élément le plus grave : retard intellectuel et troubles caractériels, les troubles du comportement persistent aussi. Ils empêchent ces sujets d’utiliser de façon efficace leurs possibilités intellectuelles et même manuelles. Ils ne peuvent se fixer sur leur lieu de travail, par suite d’immaturité, grande instabilité : agités et dynamiques, leur hyperactivité trompe au premier abord, masquant le manque d’assurance et d’initiative, le besoin d’aide et de protection.

Gérard-Yves Cathelin, 1er juin 2016

 

 

Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

 

Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

Post a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *