Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Enfant, futur pervers narcissique

Enfant, futur pervers narcissique

Dans Perversion Narcissique

La conjugalité, ou état d’un couple, et la parentalité, ont changé, se sont modifié. La relation parents-enfants ne se décline plus aujourd’hui sur le registre de l’autorité parentale, mais est désormais posée sur une relation d’ »amis », de « copains ». L’enfant, « être sujet », est désormais en recherche de plaisirs et de satisfactions immédiates que l’on appelle « hédonisme ». Ce comportement est mis à la place de la pensée dite « intellectuelle », du développement cognitif, de la recherche et de l’intellectualité.

Il arrive trop souvent que des jeunes de 12 ou 13 ans aient libre accès à des sites pornographiques. C’est surtout le cas lorsqu’il y a démission du contrôle parental ou déliquescence de ceux-ci.
Il m’est arrivé de rencontrer dans ma pratique professionnelle un jeune de 9 ans, en CE1, qui attouchait les petites filles ou montrait son sexe. Ce phénomène est hélas bien trop fréquent.
D’où provenait la perversion de ce jeune homme? Cette perversion d’ordre sexuelle découlait du fait que ses parents avaient omis de mettre un verrou à la chambre conjugale et que l’enfant, curieux de nature, poussait régulièrement la porte pour observer les ébats amoureux de ses parents qui ne semblent s’être rendu compte de rien.
Il y a peu, un jeune de 10 ans m’est amené en consultation pour divers troubles. Sa mère m’appelle pour m’indiquer que son fils demande et effectue des fellations aux petits garçons de son école, cherche à « embrasser avec la langue ». Rappelons qu’il est en classe de CM1.

Dans ce cas, l’absence de père et le refus de ce dernier de voir ou de nier son fils, plus une angoisse de mort importante (due à une maladie organique,) ainsi qu’une difficulté à trouver sa place dans la fratrie, voir aussi sa position d’exclu ou de personne inexistante, influencent le psychisme de ce jeune vers des comportements déviants.

Ces enfants ne perçoivent leurs souffrance, ni celles qu’ils font subir à autrui, d’ailleurs quand j’évoque avec eux ce comportement, ils ne comprennent pas qu’ils cheminent vers la déviance perverse.

Les parents eux-mêmes ne se sentent pas préoccupés par le mal être de leur progéniture. Ces jeunes ne supportent plus ni l’autorité, ni la frustration, ils sont des enfants roi avec une toute puissance narcissique.

Ils sont dans l’incapacité de gérer le temps, ils sont dans l’immédiateté du « tout, tout de suite », ils n’évoquent plus la médiation temporelle, et le plaisir d’attendre pour acquérir, peur allez voir un film… , pour acquérir.

Ce phénomène s’accentue par la possession du smartphone, puisque maintenant on peut se « suicider en direct » et être vu par des milliers de personnes passives !

De ce fait le jeune veut avec ce nouvel outil (tablette ou smartphone) se sentir important, exister, montrer les violences perverses faites aux êtres vivants (jeune filles où animaux) plus ces jeunes sont dans la maltraitance, plus ils ont de « like » ou de « commentaires ». Maintenant ce qui compte c’est le nombre de « vues « et non la réflexion, la pensée, la sensibilité de ce qu’est un être vivant et sensible

Ces jeunes ont une grande dépendance, une addiction (ils passent des nuits blanches à tchater), l’environnement virtuel devient plus important et plus essentiel que l’environnement privé et familial.

Dans le cadre parental, la parole, le langage ne sont plus investis, les enfants passifs sont scotchés sur la télévision (imitation des parents). La relation constructive par le jeu, les loisirs, le plaisir d’être en famille disparaissent dans certains cas, au profit de l’ordinateur, les jeux vidéo, de la télévision.

A ce propos, j’ai rencontré un couple parental avec 2 enfants, les parents du vendredi soir au dimanche soir ne « débranchaient » pas de la télévision, les enfants devaient donc se laver, manger, s’habiller, effectuer leurs activités seuls sans l’aide d’adulte.

 

Quelle construction psychique et mentale, l’adulte offre-t-il à l’enfant ?

De ce fait le jeune va être en quête de sensations fortes ce que l’on appelle « conduite ordalique », ils vont mettre leurs vies et celle d’autrui en danger.
Leur pensée n’est plus approfondie, mais plutôt opératoire, « je veux, j’obtiens par n’importe qu’elle moyen «
Quant aux comportements sexuels ils deviennent de moins en moins socialisés, nous ne sommes plus dans l’amour courtois, ni romantique, mais plutôt, « tu me plais, j’ai le désir de te baiser «, de plus rien de plus jouissif de filmer ces ébats et de les poster sur périscope ou sur d’autres sites. Nous sommes alors dans une chosification de l’acte ou l’être n’est plus véritablement un sujet, mais un simple « objet « jetable.

De ce fait les règles de la bienséance de l’humain disparaissent, il n’y a plus aucune « civilité », mais aussi peu de plaisir à vivre la « vrai vie « tout se construit autour de la performance, la violence…
De ce fait également, les jeunes ont de plus en plus une faible estime d’eux-mêmes, voir pour certains des états dépressifs latents, ils n’arrivent plus à s’inscrire dans cette société qui ne voit et n’idéalise que par ceux qui ont des « Rolex ».

Si l’on « gratte « un peu, l’on s’aperçoit que ces jeunes ont des difficultés d’intériorisation de toute moralité, de toute règle parentale et sociétale.

Le diktat de l’adulte pour le jeune est de moins en moins contraignant, le jeune quand il effectue un acte de type pervers, la culpabilité n’est plus présente (taper une fille, peindre un chat pour l’offrir à des chiens, faire avaler des clous à des animaux..) deviennent des conduites « normatives ». Ces jeunes se trouvent ainsi dans l’incapacité de sublimer, c’est-à-dire exprimer leurs pensées par des débats autour de la lecture, de dessiner, de créer ou de poser de la musique…

Dans certains cas l’imaginaire est désertique, sans réflexivité, ni production de pensées.

Tout ceci peut être le début personnalité de base dépendante à la future conduite perverse narcissique, sous-jacent une dimension dépressive, une grande dépendance au matériel et à l’humain et plus tard une personnalité de base perverse narcissique avec les adultes bien intégrés, au cynisme efficace, opératoire et ne s’intéressant à l’autre que pour son utilité.

 

 

 

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Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

    1 Comment

  1. bonsoir, je suis en accord avec vous, et oui les jeunes ont de plus en plus une mauvaise estime d eux-mêmes..

    rameau christine

    22 mai 2016

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