Psychothérapeute – Addictologue – Gérard Yves Cathelin à Château Thierry (02) & La Ferté-sous-Jouarre (77)

Dépendance, addiction, perversion

Dépendance, addiction, perversion

Dans Addictologie, Perversion Narcissique

L’addiction reliée à la dépendance est en quelque sorte un véhicule, signe  et catalyseur d’éléments probables  de liens pervers entre deux entités.

« Personne ne voit s’il ne sait et ne sais pas guérir celui qui ne sait pas voir »   (Chaumel 1983 , page 40)

Cette phrase me fait penser   à une relation fascinante entre deux personnes  avec des relations incompatibles et antinomiques : Liberté et Dépendance, plaisir et souffrance, extase et déchéance, amour et tyrannie du besoin.
Cette relation addictive de dépendance à une perversion ne servirait elle pas de véhicule de mal être, de souffrance et de conduites de souffrance du côté de la victime et d’état d’extase du coté pervers ?

Cette relation très particulière disloque et déforme la réalité entre ces deux pôles, mais aussi un désir de communiquer (d’un côté comme de l’autre) sa volonté avec l’autre partenaire. Cette communication reliée à l’addiction et à la dépendance, provoque chez la personne dite victime, une discontinuité psychique, un décentrement, une déréalisation de soi.

De cette relation addictive –dépendante très particulière, la victime peut avoir des modifications biologiques (neuronales) et de sensibilités qui provoquent un syndrome anxieux, des angoisses, des troubles somatiques très particuliers (mal de dos, tachycardie…).

Alors se produit un profond déséquilibre entre le corps et l’esprit. La victime  se trouve sur un versant très mortifère dans l’incapacité de se sauver pour guérir.

Car pour guérir, il faut une abstinence de toute relation avec un pervers. La relation pervers-victime produit un déséquilibre, pour revernir à  l’état normal, la personne doit pouvoir s’abstenir de tout contact relationnel.

Ce qui est important aussi, c’est de ne pas déifier le partenaire maltraitant. En le déifiant la victime se confond, se fond et superpose ses idées à celle du pervers narcissique. Ainsi grâce  cette liquéfaction de la victime dans le PN, ce dernier peut prendre possession de la victime et assumer sa toute puissance.

La victime n’est plus que l’esprit auxiliaire du «  bourreau » , de ce fait, je me pose cette question : Pourquoi la victime «  consomme » la pensée « sacrée » de son partenaire jusqu’à éprouver la sensation  d’avoir franchi la frontière de la non liberté vers l’addiction et la dépendance affective,?

 

En quoi peut-on se dire que victime et pervers narcissique forment un système clos relié  à des émergences du passé, une forme de connivence mutuelle ou chacun y trouve son compte ?

Autant de liaisons dont on peut chercher les motivations dans la forme même de la relation duelle.

Ne serait-ce pas la quête d’un ailleurs hypothétique avec le souhait pour la victime d’exister dans la position du syndrome «  du sauveur » ou «  de l’infirmière «, en quelque sorte «d’être le tout pour l’autre », la possibilité de «s’évader hors de soi »  pour vivre son existence autrement ?

Cela exprime dans cette relation un rapport confus au désir, au besoin, à la dépendance face au terme aimer. Au mieux, la victime attend du PN qu’il change pour vivre une vie émotive et dynamique, voir vivre  des expériences extraordinaires.

 

Quelle articulation, quelle signification profonde à cette relation ?

Ne serait-elle pas basée sur le fait que la victime et le PN  sont « habités » l’un par l’autre pour en faire une relation et une vie très particulières du fait de cet entrelacement  relationnel très aigu. Cela signe la fonction de dominance par un partenaire et la soumission par l’autre, mais aussi signe d’appartenance : le pervers narcissique sur un versant, la victime de l’autre.

Ne rentrons pas alors dans une culture qui serait : la culture de la sensation ?

Sensation de dominer, sensation de soumission. Culture de la sensation qui devient centrale qui incite à une construction d’une culture addictive reliée au besoin d’être «  aimé » à tout prix  par l’autre et le désir d’exister par la dominance pour l’autre.

Cette relation très singulière  est à noter comme fonction organisatrice dans le couple, chacun trouvant sa place soit de tyran, soit de victime, cela donne sens à chacun des protagonistes, c’est une relation ou la victime  va vivre une solitude juxtaposée à sa quête de sens  et de sa vérité intérieure..

Les problèmes psychologiques apparaissent chez la victime, quelles échappatoires peut-elle trouver pour se libérer de cette pulsion d’emprise ? 

Cette échappatoire est de se proclamer victime, et de faire partie ou membre de groupe de victimes, ainsi la personne peut exhiber ses souffrances et les faire partager avec d’autres. Cela introduit une nouvelle addiction et une nouvelle dépendance : de se nourrir des discours des autres, de se dire que l’on n’est pas seul, mais aussi d’être addict dans l’attente de solution miracle. D’une dépendance, l’on passe à une autre, sans la réflexion centrale qui pourrait être : OU SE TROUVE MA LIBERTÉ ?

En étant alors membre de groupe, une victime va chercher un élément de solidarités avec cette recherche  de don et contre don, c’est-à-dire « Je te donne ma souffrance, tu me donnes des solutions« . Le but alors est de retrouver un «  sens » à sa vie, tout en étant dépendant et addict du groupe.

La victime écrit alors sa vie «  dans un imaginaire collectif, social » de s’auto nourrir de discours similaires, cela ne va-t-il pas induire parfois des «  notions fausses «  sur l’existence ?

Cela peut parfois obnubiler la réalité concrète et la possibilité d’y faire face par ce phénomène que l’on connait bien «  le groupe a dit, unetelle ou untel du groupe a dit, je me réfère à son discours »

 

Robert Castel en 1985 dans son livre sur Tristan et Iseult écrit ceci : »….Ils rentrent, dans une relation de dépendance d’une nécessité radicale l’un envers l’autre, qui les plonge dans le malheur. Iseult est très malheureuse, Tristan lui dit « Vous souffrez, vous avez mal » elle lui répond «  J’ai le mal de vous ». Cette addiction tragique et réciproque les entraîne dans un processus de désaffiliation »

Tous les liens entre bourreau et victime ne sont pas seulement des liens matériels, physiques, concrets etc…. ce sont des liens « de soucis réciproques » soucis réciproques à son entourage, famille, liens sociaux, tous les liens de dépendance et d’addiction dans l’espace social et chaque entité de cette relation va entrer dans le vertige du mal, de la souffrance, du manque terrible affectif, tous les liens relationnels du couple vont se déchirer jusqu’à introduire la violence verbale, psychique et surtout la solitude affective. Cette solitude affective désaffilie la victime, d’où cette recherche et cette quête d’affiliation à un groupe où il y a un « nous-même » pour exister à nouveau.

 

La vrai délivrance, la vrai coupure sont-elles où ?

Ce n’est pas tellement le départ physique, c’est le lien très concret, très précis de ne plus être en relation avec le pervers. Exister et vivre là où le pervers n’est pas. C’est là vraiment qu’il y aura coupure et désaffiliation avec un PN. Il ne s’agit pas de partir physiquement, il ne s’agit pas de décider de partir : «  je quitte tout sans retour ». Il s’agit d’être là ou tous les liens ne vous retiennent plus. Sinon  la victime glisse « vers une chute intérieure ».

La victime va être la martyre  du PN., dans le sens où ce dernier  trompe les valeurs à laquelle elle croyait. Cela se termine par la mort de l’amour, mort sanctifiée par la position de victime et de PN de l’autre. Cette figure de déchéance fait craquer chaque personnalité et introduit la chute intérieure qui est donc une bascule et qui introduit le terme «  demain ».

Avec le terme DEMAIN  très précisément se définit la dépendance et l’addiction « Demain je romps, demain je le quitte, demain je commence une nouvelle vie »  je le ferai demain, le lendemain la victime continue à être avec le bourreau, ne bouge pas, c’est ainsi que l’on peut mesurer le rôle très puissant et très important de l’addiction et de la dépendance de la victime au PN.

C’est la plongée volontaire dans la souffrance de la victime, puisque demain est toujours un autre jour.  , car le vœu le plus intense est que « demain, je le quitte » , phrase importante dans la mythologie de la dépendance à l’autre. Et donc petit à petit de dire demain devient un projet normal, il devient «  une croyance fanatique »  qui change tous les rapports à soi, aux choses, au partenaire PN, au présent, puisque « Demain, je vivrai demain, vraiment, dans cette vie où je serai moi-même ». Mais le soir la victime retrouve la fausse vie et la plongée dans le pire, les mensonges, les trahisons, les violences sont faites dans cet abîme de fausse vie. Chez la victime c’est alors la déchéance. De ce fait  n’ y a-t-il pas dans certains cas le désir de mettre en scène cette perdition devant autrui ?  L’on montre l’excessivité de la souffrance  vis-à-vis du tyran despote, «  qui dévore » la victime perd alors tout regard positif sur elle-même.  La victime doit pouvoir se dégager  de la prédation  vampirique du bourreau

 

15 mai 2016

 
 

 cathelin2-150x150 Gérard-Yves Cathelin
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

 

 

 

 

    2 Comments

  1. Je viens de lire votre texte et je pleure tellement c’est ça !
    C’est ma vie dont vous venez de parler.
    C’est mon histoire, j’en suis à la fin, celle ou je pense que l’issue pour moi sera fatale, parce que je n’arrive pas à supporter l’idée de la vie sans lui, celui qui m’a brisée, moi tellement forte, j’ai vraiment fait ma maligne, j’ai toujours cru que j’étais la plus forte, et aujourd’hui, je n’ai plus d’avenir, plus d’envie, plus de travail, plus rien à quoi me raccrocher, et plus envie surtout.
    Aujourd’hui je vais voir une psychologue qui a accepter de me voir rapidement, je ne sais pas à quoi ça va servir, mais j’y vais quand même, pendant qu’il n’est pas là.
    Je pleure sur mon sort, parce que je me suis déçu, je ne devrais pas en être là, j’ai tout foirée en somme.
    Et je ne vois pas comment on peut se remettre, comment on peut retrouver la confiance dans les autres, je ne vois pas.

    caroline

    26 mai 2016

    • Caroline, on peut y arriver et vous allez y arriver !
      Votre instinct de survie vous pousse à chercher et à trouver de l’aide !
      Là ou vous pourriez « foirer » comme vous dite, c’est si vous lui permettez maintenant d’achever son travail de destruction.
      Bon courage ! Geneviève Schmit

      G S

      26 mai 2016

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